samedi 17 avril 2021

#RDVAncestral : Calogero, un jour au mauvais endroit

Je suis encore là à perdre mon temps à suivre des pistes sans issue pour tenter de trouver mon lien de parenté avec cette mystérieuse correspondance trouvée sur MyHeritage. Après plusieurs heures et jours cumulés ainsi que deux articles sur le blog, je piétine. Il serait peut-être temps de faire une pause et de reprendre le cours des autres projets plus importants à mes yeux. Assez de dispersion ! Et que je suis las ! Une petite sieste me ferait du bien... 


Mais voilà qu'à peine assoupi, je sens une main me presser l'épaule. Je me retourne alors pensant me trouver face à ma compagne mais il n'en est rien. C'est un vieux monsieur dégarni et bien pauvrement habillé qui se tient devant moi.


- Salve ! Allora ? Comment as-tu pu douter de moi ?
- Comment ? Mais qui êtes-vous ? Que faites-vous ?
- Tu sais très bien qui je suis, tu n'avais pas prévu de faire un RDV ancestral, eh bien me voilà quand même. Il fallait bien que je passe te voir, qu'on ait une petite discussion !


Cet homme... Mais oui, je le reconnais, c'est le grand-père maternel de ma mère, Calogero Perna. Sicilien de naissance, il a vécu la majeure partie de sa vie en Tunisie, pensant comme tant d'autres  y trouver une vie meilleure.


Seule photo que j'ai de Calogero Perna




- Comment cela, j'ai douté de vous ?
- Ascolta ! Tu m'as prêté une relation avec une allemande, cela ne te dit rien ?

Bien sûr... Dans mon premier article sur ma recherche ADN, j'avais supposé une probable relation entre lui et une française née allemande, en 1916, en marge de la bataille de Verdun où mon AGP était enrôlé aux côtés de l'armée française.

- Oui, oui, OK mais j'ai vite écarté cette possibilité.
- Certes mais le fait même d'y avoir songé m'a fait beaucoup de peine, tu sais ? Je suis né en 1876 à Camporeale, je me suis marié en 1896 et ai eu deux enfants dont ta grand-mère, à Tunis, bien avant la Grande Guerre. J'avais déjà 40 ans quand je suis parti pour cette horrible bataille. Qu'aurais-je bien pu faire avec une enfant de 17 ans, dis moi ?
- Euh, désolé de vous dire ça mais c'était la guerre... Elle était loin d'être toute rose cette époque, vous le savez mieux que moi. 
- Il suffit. J'ai été fidèle avec Rosa jusqu'à la fin de nos jours, è chiaro ?
- Très bien, oui, d'accord, je vous demande pardon mon cher ancêtre.

Pas commode, mon Sicilien de Tunisie, on va tenter d'apaiser les choses, ce n'est pas de très bonne augure que de se fâcher avec les anciens.

- Je suis désolé, j'ai pensé à vous car vous étiez à Verdun et parce qu'Elise D. est née justement cette année-là et que... Un jour au mauvais endroit, quoi. Bref, vous avez dû vous arrêter à la partie 1 de mon article car par la suite j'ai mis fin à toutes mes allégations !
- Trop tard, jeune homme, il fallait mieux réfléchir. Je vais vous laisser à présent. 

Alors qu'il s'apprête à disparaitre à tout jamais, je tente de le retenir un instant :

- Attendez, puis-je au moins vous donner un conseil ?
- Che cosa ?
- Allez-y mollo avec la teinture d'iode*...
- Cio che è fatto... lâche-t-il alors en souriant avant de s'évanouir.



* Pour soigner une vilaine toux, Calogero Perna mettait de la teinture d'iode sur un sucre avant de l'avaler. Malheureusement, il était devenu aveugle avec l'âge et un jour il ne s'est pas rendu compte du surdosage qui lui a été fatal.



mercredi 14 avril 2021

ADN : Maman sûrement, Papa peut-être - partie 2

 


Avant de commencer, il est nécessaire d'avoir lu la partie 1 !


Maintenant que c'est fait, je mets tout de suite fin au suspense : ma théorie la plus « capillotractée » était totalement foireuse ! En effet, j'ai reçu les résultats de ma mère et elle ne partage strictement aucun segment d'ADN avec ma fameuse correspondance « MS ». Je dois donc présenter mes plus plates excuses auprès de mon arrière-grand-père Calogero Perna, maintenant innocenté de mes allégations d'adultère en terres mosellanes.


C'est donc du côté paternel


A moins d'un faux positif ou d'une erreur technique due à MyHeritage - et franchement je n'y crois pas car j'ai ce résultat avec le test MH et les données brutes issues de 23 And Me - , cette correspondance de 6 segments que j'ai avec « MS » provient de la branche paternelle. J'aurais dû d'ailleurs m'en rendre compte plus tôt : j'ai mal interprété l'affichage du comparateur de chromosomes entre moi, « MS » et « DA », ma cousine sicilienne, que voici :


En rouge « MS », en jaune « DA ».


En principe, s'il y avait triangulation, le chevauchement des deux segments serait encadré. A priori donc, s'il y a parenté entre « MS » et moi, c'est finalement du côté de mon père. Il faut alors reprendre mes hypothèses initiales : la piste des filles-mères. En parallèle, dois-je aussi regarder du côté de mes AGP paternels comme potentiels pères biologiques d'Elise, la grand-mère de « MS » ?
  • Joseph Bourdin-Grimaud : il faisait partie du 37e RI qui était en Lorraine à ce moment-là, alors pourquoi pas finalement ? Je mets cette hypothèse de côté.
  • Paul Victor Bousse : il a passé 4 ans en captivité à Darmstadt, à plus de 200 km de Talange, lieu de naissance d'Elise, donc j'écarte cette hypothèse.


Attention aux IBP / IBS


Avant de continuer, quelques définitions :
  • IBS : Identical By State, terme utilisé pour décrire deux segments d'ADN identiques. Il est utilisé pour décrire des segments qui ne sont pas forcément issus d'un ancêtre commun. 
  • IBP : Identical By Population, terme utilisé pour des segments d'ADN partagés par une large population ancestrale très éloignée avec laquelle on ne peut pas établir de liens généalogiques.
  • IBD : Identical By Descent, deux segments d'ADN identiques issus d'un ancêtre commun.

Je rappelle également qu'il existe une triangulation entre moi, « MS » et son fils,  et « BR » et sa fille, d'environ 15 cM sur le chromosome 4. Selon certains spécialistes, ils ne faut pas se fier aux correspondances de moins de 10 cM car le plus souvent, il s'agit d'IBS ou d'IBP. Alors avec 15 cM seulement,  j'ai malgré tout voulu analyser en profondeur ma correspondance avec « BR ». L'ennui était que ni lui ni sa fille ne partage d'arbre mais avec un peu de chance, grâce à un avis de décès trouvé sur Internet j'ai pu identifier leurs ascendants proches et établir un arbre en mode Quick and dirty sur plusieurs générations, plus de 9 selon les branches. J'ai également approfondi celui de « MS ». Au bout de plusieurs heures de recherches, le constat est sans appel :
  • Je n'ai évidemment retrouvé aucun IBD que ce soit chez l'un ou l'autre.
  • Je n'ai trouvé que des ancêtres nordistes ou belges officiels malgré les 12,9% d'origine italienne de « BR ». Ce pourcentage aurait pu être explicable s'il avait eu des ancêtres dans la moitié sud de la France comme c'est le cas pour moi du côté paternel (dans l'Ain notamment).
  • Je n'ai trouvé que des ancêtres mosellans ou allemands chez « MS » alors qu'elle aussi a des origines ethniques italiennes, de l'ordre de 6%.
  • Il existe une branche chez « BR » qui part en Moselle au 17e siècle mais pas d'ancêtre commun avec « MS ». De toute façon, cela fait vraiment éloigné.
  • Point commun entre nous trois : nous avons des ancêtres en Moselle.


Répartition géographique non exhaustive des ancêtres de « MS » et « BR » - Heredis




Par la suite s'est ajoutée une nouvelle correspondance, toujours sur le chromosome 4, mais de 10 cM. C'est le cas d'Alexandre, français qui ne partage aucun arbre mais qui a au moins un grand-père allemand. Il n'a par ailleurs aucune origine ethnique italienne, information à prendre avec des pincettes tant cet outil reste modérément fiable à ce jour mais en constante amélioration. Voici la triangulation avec nous 4 :



Rouge = « MS », Marron = Alexandre, Jaune = « BR »


Ma conclusion qui ne peut être LA conclusion est que sans ancêtre commun, je suis ici dans un cas d'IBP pour ce segment. Mais voilà, j'en partage 5 autres avec « MS »...



Conclusion à ce stade


La conclusion est qu'on ne peut rien conclure. Il faut attendre, la généalogie génétique est, tout comme la généalogie traditionnelle, une affaire de patience. Alors j'attendrai que :
  • De nouvelles correspondances croisées, plus pertinentes ;
  • Mon frère fasse lui aussi le test (prévu) ;
  • « MS » et/ou son fils daignent me répondre ;
  • Les recherches et algorithmes de MyHeritage s'améliorent ;
  • D'en savoir plus sur le parcours militaire de nos ancêtres les plus proches, sait-on jamais.
  • Etc.

Vous l'aurez compris, il y aura au moins une troisième partie ;-)

samedi 3 avril 2021

#Généathème : Si Jeanne avait vécu

En ce mois d'avril 2021, Geneatech reprend les Généathèmes lancés initialement par Sophie de la Gazette des Ancêtres

Cette fois-ci le nouveau thème porte sur les naissances multiples.




Ce thème tombe à point nommé pour moi qui suis père de deux jeunes vraies jumelles - on dit homozygotes - âgées de deux ans. D'ailleurs à la naissance de ces dernières, mon entourage peu au fait de ma généalogie s'est empressé de me poser la sempiternelle question : « mais il y a déjà eu des jumeaux dans ta famille ? »


Alors, oui. Dans mon arbre, il y a 118 paires de jumeaux mais pas de triplés et plus, en tout cas à ce jour. Parmi celles-ci, il y a en 10 dans nos sosa : 6 de mon côté et 4 de celui de Madame, à des générations plus ou moins lointaines. Il ne faut donc pas y voir - à mon avis - une quelque hérédité génétique mais passons, ce n'est pas le sujet ici.

Je ne vais dresser pas un portrait exhaustif de chacun d'eux mais plutôt vous parler de ma paire de jumeaux la plus proche dans le temps. Il s'agit de mon arrière-grand-père Joseph Bourdin-Grimaud et de sa sœur Jeanne.


Une bien courte vie


Mon arrière-grand-père, né à Pantin en 1881 et décédé en 1927 à Paris, a eu une courte vie mais celle de Jeanne fut bien plus courte encore. 
En effet, née le 20 novembre 1881 juste après Joseph, elle s'éteint à peine deux mois plus tard, le 14 janvier 1882, rejoignant ainsi ses deux premiers frères, décédés en bas âge également, et laissant Joseph tout seul avec ses parents. Victor naîtra en 1883.



Acte de décès de Jeanne Bourdin-Grimaud - AD93 Pantin


Et si elle avait vécu ?


Comme pour tant d'autres enfants décédés en bas âge, je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'aurait été sa vie si elle avait atteint l'âge adulte. Le destin de la fratrie aurait-il été différent ? Son père serait-il quand même décédé dix plus tard d'une cirrhose ? Aurait-elle été elle aussi placée à l'Assistance Publique comme ses deux frères ? Se serait-elle mariée ? Des enfants ? Etc., etc., et cetera desunt.
Impossible de le savoir, on ne peut que se l'imaginer, établir des histoires, des uchronies. En revanche, aujourd'hui, il existe certaines technologies plus ou moins fantaisistes qui permettent de former un visage à partir d'un signalement ou bien de féminiser un portrait masculin.
Je me suis donc « amusé » avec une application mobile nommée FaceApp. En partant d'une photographie de Joseph, un algorithme - appelée abusivement IA pour Intelligence Artificielle - en a dressé un portrait féminisé. On rajoute un sourire factice et le tour est joué.



Joseph et peut-être Jeanne ? Qui sait ?



Bien qu'on devine aisément que ce portrait n'est pas celui d'une personne réelle, il donne tout de même une idée d'à quoi aurait pu ressembler mon arrière-grand-tante. 
Je n'irai pas plus loin dans ce test qui a un côté dérangeant à mon humble avis, tout comme cette fameuse application de MyHeritage qui a fait couler beaucoup d'encre. Je dois cependant avouer que découvrir ce visage m'a un chouia ému.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

lundi 22 mars 2021

Enquête photo #11 : conclusion hâtive, ne pas se fier aux apparences !

Cette nouvelle enquête est très courte, ce n'est d'ailleurs pas une vraie enquête, c'est plutôt un conseil pour toutes celles et ceux qui cherchent à identifier leurs plus ou moins anciennes photos. Ne jamais jeter un rapide coup d'œil : attardez-vous sur chaque détail, même le plus anodin, c'est très important.

Voici pourquoi.


La photo





Cette photo me vient de la collection de mes grands-parents paternels. Elle a été prise dans les années 50. Que dire sur elle ? Eh bien c'est une petite fille à la campagne. Conclusion : comme mon père était fils unique de parents enfants uniques, il s'agit vraisemblablement d'une amie d'enfance. Donc on arrête là, ce n'est pas de la famille, on passe à la photo suivante.

Oui mais en fait non


Des mois plus tard, je suis revenu sur cette photo quand je l'ai scannée à nouveau dans une meilleure définition. Puis je l'ai agrandie.


Hey, une minute ! Cet enfant...




...ressemble à ce bébé et...



...à cet enfant !


J'en parle à ma mère. Réponse sans appel : « Ben oui, sa grand-mère l'a élevé comme une petite fille ! »

Bref, cet enfant, c'est mon père !


La vraie conclusion est que je me suis fait avoir comme un bleu en me fiant aux apparences finalement trompeuses. Alors si j'ai un dernier conseil à vous donner, analysez une nouvelle fois vos photos !

jeudi 18 mars 2021

ADN : Maman sûrement, Papa peut-être - partie 1




NB : ce billet de blog est destiné aux initiés des tests ADN généalogiques, notamment sur MyHeritage. Il n'a pas vocation à faire de la vulgarisation sur le sujet. Pour cela, je vous conseille, entre autres, ces excellents blogs :


Aujourd'hui je vais donc vous présenter une correspondance ADN qui m'intrigue depuis l'automne dernier, période durant laquelle j'ai débuté les tests ADN dits ­­« récréatifs ». Le niveau d'ADN partagé s'élève à 1,4% soit 101 cM répartis sur 6 segments dont 3 font plus de 20 cM. Si j'ai déjà pu retrouver quelques cousins avec bien moins d'ADN partagé, il n'en est rien pour cette correspondance, que je vais nommer par la suite « MS », soit les initiales de la personne en question. Comme elle n'a répondu à aucun de mes messages, ni même son fils qui a aussi réalisé le test, je ne donnerai pas les noms précis de ses ancêtres les plus proches bien qu'ils soient décédés. En effet, le patronyme de sa mère est très rare et je ne voudrais pas que cette cousine potentielle soit gênée par mes hypothèses les plus folles qui vont venir.


ADN partagé et parenté probable


Segments d'ADN partagés avec « MS » - source MyHeritage


Comme indiqué précédemment, « MS » et moi avons 101 cM en commun répartis en 6 segments. MyHeritage l'interprète comme étant une cousine germaine éloignée au second degré (1C2R) ou une petite cousine éloignée au premier degré (2C1R). Premier constat : je connais très bien ma généalogie descendante et cela me paraît étonnant de découvrir un lien inconnu aussi proche. Toutefois, comme cela reste très approximatif, je me tourne vers l'outil « Shared cM Tool » du site DNAPainter qui me permet d'obtenir des probabilités en fonction des correspondances déjà connues.


Probabilité de parenté avec 101 cM - extrait de DNAPainter

Cette répartition me confirme que l'approximation faite par MyHeritage est la plus probable mais il ne faut tout de même pas écarter les autres.


Premières difficultés


« MS » et son fils ne partagent aucun arbre. Enfin, si, plutôt une mini touffe d'herbe : seulement les parents. Le père est décédé car son nom apparaît en entier mais aucune date ni lieu ne sont indiqués. Quant à la mère, seul le patronyme est indiqué avec une faute d'orthographe que je découvrirai par la suite. Ces patronymes étant germaniques, je me dis que ma parenté avec cette cousine potentielle est du côté de mon père étant donné que du côté maternel tout se passe en Sicile. 

A partir de ces informations, je me lance dans la recherche et l'élaboration de l'arbre généalogique de « MS ». Problème cependant : son père, « RS » a beaucoup d'homonymes, c'est comme de chercher un tailleur en Allemagne. Je pense d'abord le retrouver à Strasbourg mais c'est finalement à Metz que je retrouve son acte de décès grâce au nom de l'épouse « HZ » indiqué sur ce dernier. C'est là que je découvre la fameuse faute d'orthographe mais surtout la filiation de cette personne née en 1939. De là, grâce à notamment des sources sur Geneanet, Filae, Heredis Online et le site des archives de la Moselle, je parviens à créer un arbre sur plusieurs générations. Je décide de m'arrêter aux AAAGP de « MS » en tenant compte des probabilités de DNAPainter.

A présent, c'est bon, je vais pouvoir déterminer le lien de parenté.
Sauf que non :
  • Aucun patronyme en commun avec mon arbre, si ce n'est Becker mais c'est une branche collatérale lointaine, ou Weber que je retrouve au 17e siècle, donc trop loin pour partager autant de cM ;
  • Aucune ville ;
  • Seulement un département : la Moselle, le reste des aïeux de « MS » étant en Allemagne, pays dans lequel je n'ai aucun ancêtre connu. Un autre problème s'ajoute pour la Moselle car mon dernier ancêtre à y être né est Jean-Baptiste Bousse en 1820 à Metz alors que les ancêtres de « MS » sont plus proches de la frontière allemande actuelle. Mon ancêtre avait quitté le département puis opté pour la France tandis que ceux de ma cousine sont nés allemands après la guerre de 1870.
Arrivé à ce stade, je commence à douter : cette correspondance ADN est-elle vraiment fiable ou bien y a-t-il un secret de famille quelque part ? 

La piste des filles-mères

Peut-être ! Dans mon arbre ainsi que dans le sien, il y a des filles-mères !

De mon côté, c'est rapide, il s'agit de Jeanne Nard, née en 1846 à Saint-Bonnet-Elvert (Corrèze), de Marie Nard et de père inconnu. Sa mère n'a jamais quitté cette commune où elle est décédée en 1873. Je trouve très peu probable qu'un des Mosellans ou Allemands de « MS » soit allé s'y perdre, même durant un éventuel service militaire. Voyons plutôt de son côté.

« MS » a en effet deux filles-mères dans la généalogie proche :

  • Antoine Pierre Becker, né en 1875 à Kirschnaumen (Moselle), de Catherine Becker et de père inconnu. Catherine Becker elle-même née en 1841 dans la même ville et décédée à Talange (Moselle) en 1926, célibataire. Antoine Pierre n'a donc été reconnu par aucun père.


Extrait de fiche matricule de Pierre Antoine Becker - Source AD57 NUM2R131 

  • Antoine Weber, né en 1857 à Sarralbe (Moselle), de Marie Elisabeth Weber et père inconnu. Décédé en 1939 à Saint-Amant-de-Boixe (Charente). Jamais reconnu également.


Du coup, est-ce que l'un de mes ancêtres pourrait être le père biologique de l'un d'eux ? Je me dois de faire l'inventaire parmi eux.

Candidats à la paternité de Pierre Antoine Becker :

  • Julien Bourdin-Grimand, mon trisaïeul (AAGP), né en 1850 à Souclin (Ain) et décédé en 1892 à Paris. Il aurait pu être un candidat intéressant car il a été soldat puis cantinier au 80e régiment de ligne. Ce régiment est bien passé par la Moselle mais seulement en 1870. Il a ensuite fait campagne en Algérie de 1871 à 1875 tout étant caserné à Tulle (Corrèze) où s'est d'ailleurs marié mon ancêtre en 1877, avec Jeanne Nard.
  • Paul Victor Bousse, autre trisaïeul, né en 1857 à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle). Il n'avait que 18 ans en 1875 et était apprenti coiffeur. Peu de chance qu'il soit retourné en Moselle, territoire alors allemand par ailleurs.

Candidats à la paternité d'Antoine Weber :

  • Jean-Baptiste Charlemagne Bernoville (3AGP), né en 1825 à Mennevret et décédé en 1875 à Grougis, toutes deux dans l'Aisne. Manouvrier de son état, ce coquin a eu tous ses enfants hors mariage avant d'épouser la mère de ceux-ci en 1864. Il n'a a priori jamais quitté son département.
  • Jean-Baptiste Bousse (3AGP), né en 1820 à Metz (Moselle) et décédé en 1879 à Baccarat (Meurthe-et-Moselle). A quitté la Moselle dans les années 1850 pour se marier dans le département voisin. Son dernier enfant survivant est Paul Victor, cité plus haut. Travaillant comme employé au chemin de fer de l'Est, il a souvent déménagé. Par exemple, je retrouve la famille à Strasbourg en 1863. Jean-Baptiste aurait-il pu aller faire un tour du côté de Sarralbe pour y faire un enfant adultérin ? Personnellement, j'en doute...
  • Louis Théodore Doyen (3AGP), né en 1832 à Wiège-Faty (Aisne). Il s'est marié en 1860. Tisseur de métier, il est peu probable qu'il ait voyagé hors de l'Aisne.
  • Alexandre Godot, née en 1834 à Bazancourt (Marne) et décédé à Reims en 1904. Lui aussi tisseur, marié trois fois, presque quatre. Aucune chance qu'on l'ait vu en terres lorraines.
  • Athanase Constantin Leroy (3AGP), né en 1833 à Remigny (Aisne) et marié en 1854, même ville. Scieur de long puis boulanger, on est bien chez soi.
  • Joseph Alexandre Nique (3AGP), né en 1839 dans l'Aisne et décédé à Remigny trente ans plus tard. Jardinier de son état, qu'aurait-il bien pu faire en Moselle ?
Conclusion : les chances que ces personnes soient entrés en contact avec les filles-mères de « MS » sont entre nulles et très nulles. 

Mais alors, d'où elle sort cette cousine ?


Vers une folle théorie


Je décide alors de me replonger dans les origines ethniques de « MS » bien que je trouve la version MyHeritage de cet outil beaucoup moins fiable que celle de 23 And Me. Et là que vois-je ? Cette personne à qui je n'ai retrouvé que des ancêtres germaniques aurait des origines italiennes et ibères.

 

A gauche, moi, à droite, elle - capture MyHeritage

 

On va laisser de côté la partie ibérique qui ne me concerne pas. Quant à la partie italienne, bien qu'elle soit relativement faible comparée à la mienne, on peut tout de même se dire que « MS » a probablement un ancêtre italien pas trop éloigné caché dans son arbre. Qui dit italien, dit du côté maternel si on veut retrouver un lien avec moi.

Essayons un peu la triangulation. Malheureusement MyHeritage ne me propose pas de profils partageant des arbres généalogiques. Je décide néanmoins de comparer « MS », son fils (« MD »), avec un père (« BR ») et sa fille (« SR ») à qui j'ajoute le profil ADN d'une cousine 2C1R du côté maternel (« DA») que j'ai retrouvée récemment, juste comme ça pour voir.




C'est donc sur le chromosome 4 qu'il se passe quelque chose d'intéressant. Indiquons au préalable que :

  • « MS » a 5,8% d'italien ;
  • « MD », son fils, 61,2%. Attention, c'est trompeur car son père est italien ;
  • « BR », 12,9% ;
  • « SR », sa fille, 48%, là aussi, c'est trompeur, sa mère doit avoir des origines italiennes ;
  • « DA », ma cousine italienne, 70% environ.


On voit direct qu'il y a une correspondance entre 4 d'entre eux, d'ailleurs MyHeritage l'encadre si je retire « DA ». J'ai tout de même laissé « DA » car son segment chevauche pour quasi moitié celui de « MS ».

Qu'est ce que je peux conclure à partir de là ? Pas grand chose en fait ! Cela m'incite juste à continuer de creuser du côté de ma mère et non plus du côté de mon père. 

Me vient alors une théorie complètement folle : Et si un des ancêtres officiels de « MS » n'avait finalement aucun lien biologique ? Admettons, OK, mais lequel ? Et dans quelles circonstances ? Vous me voyez venir ? La Grande Guerre.

En effet, la grand-mère paternelle de « MS », que je vais simplement appeler Élise, est née en décembre 1916 à Talange (Moselle). L'horrible bataille de Verdun venait de toucher à sa fin. Son père, Jean-Baptiste, né allemand en 1887, n'a épousé sa mère, Catherine, alors âgée de 17 ans, qu'en mai 1916. Donc, si on fait bien le calcul, cette dernière était déjà enceinte. Notons au passage que Jean-Baptiste n'a pas servi dans l'armée allemande, pour cause de cécité à un œil.

Et qui dans ma famille italienne aurait bien pu aller s'égarer dans le Grand Est à cette époque ? Mon arrière-grand-père, qui est aussi celui de « DA ». Calogero Perna, italien de Tunisie a en effet servi dans l'armée italienne et a participé à la bataille de Verdun, selon les dires de ma grand-mère. Je n'ai malheureusement aucun document pouvant l'attester.

De là le raccourci est vite fait... J'éviterai néanmoins d'en écrire plus tant que je n'aurai pas trouvé de preuves irréfutables car cette théorie plus que douteuse a ses limites, si mon AGP était aussi celui de « MS » alors :

  • elle aurait un pourcentage d'origine ethnique italienne plus élevé ;
  • elle aurait probablement plus d'ADN partagé avec ma cousine « DA » ;
  • elle et moi aurions peut-être plus de cM partagés avec « SR » et « BR » ;
  • Le front de Verdun n'est tout de même pas tellement à proximité de Talange, alors en zone allemande ;
  • etc.

En revanche, si cela s'avérait vrai, « MS » et moi serions Half 2CR, ce qui collerait parfaitement avec la plus haute probabilité de DNAPainter.

Ma mère ayant elle aussi réalisé un test ADN tout récemment, ce billet aura une partie 2 dès que j'en aurai les résultats.

Sur ce, j'invite les plus érudits d'entre vous sur le sujet à me faire part de vos commentaires ;-)

samedi 6 mars 2021

Enquête photo #10 : les enfants de Tunis

Bonjour à tous ! Pour la première fois, je vous délivre une enquête photo concernant ma famille maternelle, qui a vécu essentiellement en Sicile puis en Tunisie. Sans plus attendre, découvrons la photo en question :


Mignonne petite fratrie - collection personnelle

Caractéristiques de la photo


Origine :  cette photo fait partie d'un album que possédaient mes grands-parents maternels à savoir :
- Lorenzo Ferrara, né en 1901 à Partinico (Sicile) et décédé en France en 1985, fils de Pietro (1865-1936) et de Maria Parrino (1869-?). 
- Rosa Perna, née en 1909 à Tunis et décédée en France en 1998, fille de Calogero (1876-ca.1952) et Rosa Lanfranca (1870-ca.1950).
Ces seules informations ne suffisent pas pour déterminer l'identité de ces bambini.

Type : elle est au format carte postale. Il n'y a évidemment rien d'inscrit au dos mis à part les caractères imprimés propres à la carte.

Datation : Le format carte postale était très répandu au premier quart du XXe siècle mais on pouvait encore le retrouver dans les années 30.

Âge et sexe des enfants : Difficile à dire. Pas plus de 18 mois pour le petit dernier (à moins que ce soit une fille). Peut-être 7 ou 8 ans pour l'aîné. Les puinés pourraient être faux-jumeaux ou avoir un an d'écart.

Un peu d'histoire avant de commencer


Mon grand-père Lorenzo était le seul garçon d'une fratrie de quatre enfants. Il avait donc trois sœurs qui sont restées en Sicile alors que lui a quitté l'Île pour la Tunisie en 1928, il avait alors 27 ans. Ce sont ses oncles Cacioppo - en réalité des cousins, Cacioppo étant le nom de sa grand-mère - qui l'ont fait venir pour y travailler et espérer avoir une vie meilleure. En réalité ce fut pire mais là n'est pas la question pour notre problème. D'après l'histoire familiale, Lorenzo était le parent pauvre dont il fallait se débarrasser. Ses oncles ont donc arrangé son mariage avec ma grand-mère dont la famille était déjà établie en Tunisie depuis le début des années 1900 : Les Perna-Lanfranca, qui exploitaient une ferme dont ils n'étaient pas propriétaires. Cela m'apparaît important de le souligner car il fallait être assez aisé pour se faire photographier par un professionnel à cette époque. C'est pourquoi nous n'avons aucune photo de famille proche avant les années 30.

En revanche, les Cacioppo, famille nombreuse s'il en est, ont mieux réussi leur vie tunisienne que le reste de la famille. La photo ci-dessous a été prise en 1924 à l'église Jeanne-d'Arc de Tunis. Il s'agit du mariage de Damiano Cacioppo (1899-1941 ou 1950) et Anna Cordaro (1902-1961) qui furent plus tard parrain et marraine d'un de mes oncles.



Mariage de Damiano Cacioppo & Anna Cordaro - 1924 - Collection personnelle


Cette photo était sur la même double page que celle des enfants. Était-ce leurs parents ? Pas si sûr...


La « dynastie » Cacioppo


Pas de suspens ! Ce ne sont pas leurs enfants. Certes, ils en ont eu quatre - cinq dont un décédé en bas âge - mais leur écart d'âge, onze ans, est trop important à mon avis. De plus, il n'y a qu'une fille et c'est la benjamine ce qui ne colle pas avec la photo.



Enfants de Damiano & Anna Cacioppo - vue d'Heredis


Si ce n'est pas la bonne famille, alors laquelle est-ce ? Comme je l'ai écrit, les Cacioppo étaient nombreux. Damiano avait au moins deux frères qui se sont mariés et ont eu des enfants :

  • Ignazio Cacioppo (1891-?) marié en 1920 avec Suzanna Messina. Seulement trois enfants dont des jumeaux, l'aîné étant une fille : ça ne colle pas.
  • Giuseppe Cacioppo (1894-?) marié en 1926 avec Paolina d'Antonio mais seulement deux enfants.
Il y a d'autres frères et sœurs mais je ne leur ai pas retrouvé de mariage ni d'enfants.

Qu'à cela ne tienne ! Il y a d'autres branches, des cousins à foison. Par exemple, un autre Ignazio Cacioppo (1903-1988) marié avec Maria Zarzana, parrain et marraine de mon autre oncle. il ont eu six enfants :
  • Giuseppe, 1928
  • Giuseppina, 1931
  • Tomaso, 1933
  • Giuseppe, 1935
  • Angela, 1937
  • Antonio-Salvatore, 1943
Là encore, ça ne va pas non plus. Le premier Giuseppe a dû mourrir en bas âge ce qui fait de Giuseppina devenir l'aînée. Même si on considère que la photo a été prise avant la naissance du dernier, disons en 1938, cela ne peut pas être cette fratrie, d'autant plus que le format carte postale a dû être abandonné entre temps.

L'enquête ne s'arrête heureusement pas là car mon vivier est encore important. Malheureusement je ne peux vous montrer l'arbre de descendance des Cacioppo car à ce jour il n'y a pas moins de 300 individus connus, donc je vais dérouler par « morceaux ».


Les autres couples Cacioppo et apparentés


  • Commençons par un autre Damiano Cacioppo, né en 1894 et marié en 1924, comme son homonyme et cousin, avec Jeanne Miceli : seulement deux efants. Suivant.
  • Encore un autre Damiano, né en 1873 et marié en 1908 avec Francesca Buhagiar. Cinq enfants dont deux filles décédées en bas âge. Encore raté, suivant.
  • Giuseppe, né en 1896 et marié en 1930 avec Maria Miceli, un seul enfant.
  • Un autre Giuseppe, frère du Damiano précédent, né en 1892 et marié en 1919 avec Beatrice Buhagiar, soeur de Francesca. Deux enfants. On oublie.
  • Ignazio Cacioppo (encore un !), né en 1889 et marié en 1913 avec Rosalia Daidone. Ils ont eu quatre enfants. C'est bon ? Non ! Trois filles parmi les quatre.
  • Rosina Cacioppo née en 1901 et mariée en 1924 avec Ignazio Daidone. Encore raté, trois enfants.

Bon, et après avoir fait une indigestion de Damiano, Ignazio et autres Giuseppe, que me reste-t-il ? La famille Daidone, issue de Michela Cacioppo (1866-1960) que ma mère a connue.



Michela Cacioppo épouse Daïdone - merci à Danièle d'Angelo


  • Francesco Daidone, né en 1891 et marié en 1913 avec Maria Manuguerra. Ils ont eu huit enfants dont je connais le visage. Donc, suivant.
  • J'ai évoqué les autres Daidone plus haut, car, en effet, il y a eu des mariages entre cousins.


Conclusion


J'aurais espéré vous livrer une conclusion positive mais il n'en est rien. C'est l'impasse ! J'ai écoulé tout mon stock de cousins du côté de mon grand-père. Vous allez penser que j'ai négligé ma grand-mère ? Eh bien non. De son côté, il y a beaucoup moins de cousins et la plupart sont restés en Sicile voire partis aux Etats-Unis où j'y ai de nombreux cousins éloignés. Ma grand-mère avait bien un frère, Pietro Perna, plus âgé de douze ans, marié avec une cousine germaine, Rosa Lanfranca, homonyme de sa tante citée au début de l'article. Ensemble ils ont huit enfants bien identifiés. Toutes les photos de cette famille sont d'ailleurs bien plus récentes (années 40-50).

Il me reste alors une piste mais là, je sors du cadre familial ! En effet dans l'album photo en question, il y a également des photos des propriétaires de la ferme où ont vécu mes grand-parents : la famille Campo qui n'a aucun lien de parenté avec nous. Ces derniers avaient deux enfants donc je suppose que mes quatre bambini sont issus d'une autre famille. 

Ah ! Si seulement il existait des archives des dénombrements de population en Tunisie !

Pour les plus curieux, voici un aperçu de la descendance Cacioppo par ici.

jeudi 18 février 2021

#LeMoisGeneatech : des découvertes impossibles sans un déplacement aux archives

En marge du Mois Geneatech (voir ici) est lancé chaque semaine un défi aux blogueurs sous forme de thème (ou Généathème). La troisième semaine est consacrée aux découvertes que l'on n'aurait pas pu faire sans se déplacer aux archives.


Je n'ai pas de nouvel article à vous proposer mais je vous suggère quatre de mes anciens articles qui n'auraient jamais vu le jour sans un (plusieurs !) déplacement aux archives :

 

Et enfin, non pas des moindres :

 

Bonne lecture !



samedi 6 février 2021

#LeMoisGeneatech : une source peu ou pas connue

En marge du Mois Geneatech (voir ici) est lancé chaque semaine un défi aux blogueurs sous forme de thème (ou Généathème). La première semaine est consacrée aux sources peu ou pas connues.

Les généalogistes ont l'habitude d'aller fouiller dans les archives publiques, notamment celles qui sont conservées dans les services d'archives départementales mais il existe également les archives privées issues des organismes autres que les AD, comme les entreprises du secteur privé.

Si certaines de ces archives sont parfois déposées aux AD, d'autres sont gérées par un service d'archive interne aux entreprises. Dans cet article je vais donc vous parler de la Société Générale.




Un site dédié géré en interne


Le service d'archives de la SG se trouve dans le 18e arrondissement de Paris, dans la zone d'activité de CAP18. S'y trouvent là-bas un important fonds très varié regroupant toute l'histoire de la société depuis sa création en 1864, tel que :
  • La SG durant la Grande Guerre;
  • Les affaires russes à la fin du 19e siècle;
  • La Seconde Guerre Mondiale;
  • La Société Générale et les mutations de l'industrie;
  • Le Club athlétique que la SG depuis 1903;
  • La protection sociale au coeur de la SG;
  • Et bien sûr les dossiers du personnel.

Les archives du personnel


La SG conserve tous les dossiers du personnel depuis sa création ! De mémoire, cela réprésente près de 5Km linéaires, le plus ancien dossier conservé concernant un salarié né à la fin du 18e siècle. Vous avez bien lu : il avait plus de 65 ans quand il a été embauché l'année de la création de l'entreprise. Cette source est donc particulièrement intéressante pour le généalogiste et je vais vous montrer pourquoi au travers de mon ancêtre le plus proche y ayant travaillé : mon père.


Que trouve-t-on dans un dossier de carrière ?


Mon père est entré à la Société Générale en 1963 après avoir raté son Brevet. Il n'avait que 16 ans mais son père voulait le mettre rapidement au travail. C'est ainsi qu'il a démarré comme simple employé à l'agence appelée à l'époque « W Flandre » dans le 19e arrondissement de Paris. Dans son dossier on retrouve donc un historique de ses emplois et de ses postes sur une fiche individuelle de personnel récapitulant :

  • Etat civil ;
  • Contrat de travail ;
  • Situation administrative ;
  • Situation à la SG ;
  • Ses enfants ;
  • Ses mobilités ;
  • Historique des affectations, des emplois et des grades ;
  • Historique des points ;
  • Ses formations et diplomes internes.


Extrait de la fiche individuelle de personnel - Source : archives SG


On trouve également tous les comptes rendus d'entretiens d'évaluation annuels, contenant les appréciations de ses supérieurs et responsables des ressources humaines. Concernant mon père, il manque malheureusement les 10 premières années de sa carrière. En revanche son dossier contient toutes ses évaluations entre 1973 et 2004, mon père ayant pris sa retraite en 2005 après 42 ans de carrière.
Je vous laisse découvrir un exemple d'appréciation :


Année 1987, le premier noteur en question était son directeur dont je cache le nom car toujours vivant. Source : Archives SG


Pour l'anecdote, mon père n'aura apposé son propre commentaire que sur l'évaluation de sa dernière année de travail. Cela peut paraître bête mais cela m'a ému lorsque j'ai découvert ses quelques mots :


Ce commentaire est surprenant car il a toujours obtenu des évaluations positives, sauf sur un seul point, certes récurrent (le management). Manifestement il n'aura retenu que cet aspect négatif.


En dehors de cela on retrouve pêle-mêle :
  • Des courriers internes ;
  • Des autorisations d'absence (mon père était délégué syndical) ;
  • Des propositions à la médaille d'honneur du travail ;
  • Des fiches individuelles à la formation ;
  • Des notes de nomination ;
  • Etc.


Après 10 années dans sa première agence, mon père a été muté, en 1973, dans le quartier Grenelle dans le 15e arrondissement.



Quant à moi, j'ai également mes archives familiales qui complètent son dossier long de 155 pages, dont cette carte « chèque-déjeuner » datant des années 60, celle-ci compense quelque peu les lacunes de son dossier :


On notera la mode de l'époque ! - archive familiale



Communicabilité


La Société Générale applique le code du droit relatif aux archives publiques. Ainsi pour consulter un dossier du personnel, il faut observer un délai de :
  • 25 ans après le décès du salarié concerné ;
  • ou 50 ans après le dernier élément ajouté au dossier ;
  • Accès immédiat pour les ayants droit (mon cas).

Pour en savoir plus : Archives de la SG