mercredi 1 avril 2020

#Genealogie30 : Jules Daisay, le peintre savoyard

Pour ce mois d'avril, en guise de Généathème, Sophie Boudarel (La Gazette des Ancêtres) nous propose de réaliser un #Généalogie30, comme en 2019, mais cette fois sur un ancêtre précis, en 30 questions. Cela tombe plutôt bien car j'ai justement un projet de biographie que j'ai évoqué lors de mon bilan annuel que vous pourrez relire ici.

Ce projet n'en est qu'à ces balbutiements mais ce #généalogie30 va me permettre d'avancer à petits pas et de ranger correctement toutes les informations que j'ai à ma disposition sur cet ancêtre.
 

Je vous présente donc Jules Daisay, sosa 58 de mes filles !


Jules Daisay - autoportrait - musée des Beaux-Arts de Chambéry - Base Joconde


1er avril, question 1 : le baptême


Pour cette première question sur le baptême, il faut savoir que Jules était un prénom d'emprunt et qu'en réalité il a été baptisé Jean-Marie le 16 mars 1847 en la paroisse Saint-Didier de Barberaz, voisine de Chambéry, en Savoie. La Savoie était d'ailleurs encore un duché intégré au royaume de Sardaigne avant son annexion par la France en 1860.

Jean-Marie Daisay a été déclaré par son père Pierre Antoine Étienne, fabricant de chaussures. Sa mère s'appelait Marie Bonnet. Le parrain était Jean Baptiste Mouchet, un perruquier-coiffeur de Chambéry, non apparenté, tandis que la marraine était Marie Daisay, sœur ainée de Jean-Marie, alors âgée de 14 ans.


2 avril, question 2 : son mariage


Jean-Marie Daisay se marie à Chambéry le 17 septembre 1873 avec Marguerite Roux, de six ans son aînée. Cette dernière n'est autre que sa cousine germaine mais non reconnue par son père qui était un Daisay. Il n'est d'ailleurs pas nommé sur l'acte ni parmi les témoins. qui plus est, aucun des parents des époux n'est présent au mariage : les parents de Jean-Marie / Jules vivant pourtant à Chambéry ont donné leur consentement par l'intermédiaire d'un notaire, Maître François Richard Cognet, quatre jours auparavant. Quant à la mère de Marguerite Roux, Françoise Roux, elle est décédée en 1862.

Devant l'adjoint au maire, Jean Antoine Lubin, étaient présents en plus des mariés, les témoins suivants :
  • M. Frédéric Bartezage (Bartesaghi), opticien de 41 ans résidant à Chambéry;
  • M. Ercole Belloli, entrepreneur de 41 ans, résidant en Italie, à Mantoue (Lombardie);
  • M. Ambroise Daisay, chef d'atelier, âgé de 27 ans, résidant à Paris;
  • M. Jules Bernard, artiste peintre, 24 ans, résidant à Chambéry.
Des quatre témoins, seul le troisième est aparenté à Jules Daisay. Il s'agit de Michel Ambroise Daisay, son cousin germain et frère de son épouse. Il est né à Chambéry en 1847 et est décédé à Paris en 1901.


3 avril, question 3 : déroulement du mariage


A vrai dire je ne sais pas du tout comment s'est déroulé le mariage entre Jules Daisay et sa cousine Marguerite Roux, qui se faisait appeler Clotilde. Déjà, il n'y a pas eu de contrat de mariage et comme dit précédemment, les parents du marié étaient absents ainsi que le père biologique de la mariée. Leurs pères respectifs étaient frères. Il est bien possible que ce type d'union ait dû faire jaser...

Néanmoins, ce mariage a été célébré pour légitimer la naissance de leurs deux filles : Jeanne Marguerite, née en 1870, et Marie Louise, sosa 29 de mes filles, née en 1872 au domicile de leur mère.

On a vu qu'un des frères de Marguerite Roux, Ambroise Daisay, était parmi les témoins mais est-ce que les frères et soeurs des époux étaient tous présents au mariage ? Difficile de le dire. En 1873, Jules avait encore 6 frères et soeurs de vivants :
  • Marie Daisay (1833-1877), qui a vécu entre Chambéry et Paris où elle décédée. Bonne probabilité qu'elle fût présente;
  • Marie Elisa Daisay (1834-1910), a épousé un italien puis a vécu à Paris puis Nice. Probabilité faible car je n'ai retrouvé aucune interaction entre eux;
  • Rodolphe Daisay (1835-1878). Probabilité forte car un de ses fils a épousé la fille aînée de Jules Daisay - oui, les mariages entre cousins est une spécialité Daisay;
  • Coline Daisay (1839-1929). Probabilité forte car Jules a peint son portrait ainsi que celui de son mari;
  • Jenny Daisay (1843-1904). Bonne probabilité car elle a vécu à Barberaz comme son frère;
  • Marie Daisay (1850-1874), peu probable car elle a émigré aux U.S.A où elle est décédée un an après.
Du côté de son épouse :
  • Michel Ambroise Daisay (1847-1901), déjà évoqué;
  • Pierre Daisay (1856-1875), très peu d'informations sur lui, décédé à 19 ans à Paris;
  • Marie Jeanne Daisay (1857-1939), bonne probabilité qu'elle fût présente car a vécu quasi toute sa vie à Barberaz.
Voici un récapitulatif sous forme d'arbre simplifiée :


Parenté entre les époux - arbre Geneanet reconstitué

Enfin, je suppose que les mariés, issu d'un milieu a priori aisé, devaient être habillés selon la coutume savoyarde.


Tenues traditionnelles en Savoie - Source Eco-musée du Lac Annecy

Ce site raconte très bien en quelques lignes la tradition du mariage savoyard du temps de nos ancêtres.


4 avril, question 4 : son décès


Grâce à son dossier de carrière de professeur obtenu aux archives nationales, j'ai su qu'il avait une santé fragile. Il avait notamment des problèmes hépatiques qui ont fini par lui donner la jaunisse. Ainsi, le 1er mars 1900, alors qu'il était professeur de dessin au lycée national de Chambéry, il écrivit une lettre à l'intention du Ministre de l'Instruction Publique, des Beaux Arts et des Cultes de l'époque, Georges Leygues, pour demander un congé de trois mois afin de, espérait-il, se rétablir. 



Lettre manuscrite de Jules Daisay du 1er mars 1900 - Source Archives Nationales

Hélas ! Jules Daisay mourut un mois et demi plus tard, le 17 avril 1900, en sa maison de Barberaz où il s'était retiré. Il n'avait que 53 ans. Son épouse le rejoindra 17 ans plus tard.

Le décès a été déclaré le jour-même au maire de la commune par ses deux gendres : Pierre Emile Daisay (qui est également son neveu) alors instituteur à Brunoy (Essonne) et Joseph Antoine Tamiatto, employé au PLM à Besançon.

A ce jour, je n'ai pas retrouvé sa tombe. Je me suis renseigné auprès de la mairie de Barberaz qui m'a répondu par la négative : il n'y aurait que la sépulture des descendants de sa fille aînée. Par ailleurs il existe une sépulture Daisay au cimetière Charrière-Neuve de Chambéry mais n'y seraient inhumés que les parents de son épouse, sa seconde fille et son gendre. Les informations que j'ai sont peut-être incomplètes : je contacterai la mairie de Chambéry quand cela sera possible.


Séputlure des familles Daisay, Michel, Tamiatto à Chambéry - photo de M. Guy Tavet


5 avril, question 5 : son parcours militaire


Né en 1847, Jules Daisay est donc de la classe 1867. Par chance - car toutes les AD ne les ont pas mises en ligne pour cette périodre - sa fiche matricule est disponible en ligne sur le site des AD de la Savoie. Et elle est particulièrement riche en informations.



FM de Jules Daisay en 1867 - Source AD73

Particulièrement riche en information mais aussi et surtout rédigée en pattes de mouches... Alors je vais simplement vous en résumer les grandes lignes, à commencer par son signalement :

  • Parents domiciliés à Chambéry au 1 rue Bonivard;
  • Résidant à Paris;
  • Cheveux et sourcils bruns;
  • Yeux noirs et front ordinaire;
  • Nez long et bouche moyenne;
  • Menton à fossettes et visage ovale;
  • Teint clair avec des taches de rousseurs;
  • Sa profession d'alors était peintre en miniatures.

Quant à son parcours :

  • A intégré le 2nd puis le 14e régiment d'artillerie;
  • A eu plusieurs grades jusqu'à celui de capitaine;
  • Libéré du service actif en 1873;
  • Libéré de l'armée en 1893;
  • A priori pas de mention de participation à la guerre franco-prussienne alors qu'il était canonnier-sergent durant cette période.

6 avril, question 6 : Jules Daisay et la presse ancienne


Est-ce que je peux trouver des informations sur Jules Daisay dans la presse ancienne. Oui ! Et pas qu'un peu. Il suffit d'aller faire un tour dans la bibliothèque généalogique de Geneanet pour s'en rendre compte :


Recherche dans la bibliothèque généalogique de Geneanet

On compte aussi un peu plus d'une dizaine de résultats avec son prénom de naissance, Jean-Marie. Malgré quelques doublons, les informations qu'on en retire sont assez riches. Je n'ai pas encore fini de tout dépouiller mais on y trouve pêle-mêle :
  • Des informations sur son activité de peintre puis comme conservateur de musée;
  • Des mentions de lui dans des annuaires militaires;
  • Des éloges funèbres (mais pas de trace de faire-part !);
  • Sa contribution en tant que conseiller municipal;
  • Sa postérité notamment la création d'un prix Jules Daisay;
  • Des informations diverses telles que la mise en location d'une maison de campagne.


Extrait du Patriote Savoisien du 28/05/1876 - Source Gallica


7 avril, question 7 : Jules Daisay et l'Histoire


En cette seconde moitié du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle, on peut dire que l'Histoire de France a été très riche. Je vais néanmoins ne retenir que deux évènements majeurs que l'ancêtre de mes filles a connus :

  • l'annexion de la Savoie par la France prévue par le traité de Turin du 24 mars 1860. Jules Daisay n'était qu'un adolescent de 13 ans mais on peut imaginer que cet évènement a eu un impact non négligeable sur sa famille d'autant plus que Chambéry fut par la suite désignée comme chef-lieu du département de la Savoie.

  • La guerre de 1870 et notamment le siège de Paris. Jules Daisay était en plein service militaire et résidant à Paris. Même si sa fiche matricule ne le mentionne pas, je suppose qu'il a dû être bloqué un certain temps dans la capitale. Il me faudrait sans doute creuser un peu plus les archives pour en être certain.

Par la suite, dans l'ordre chronologique, il a bien sûr connu les évènements historiques suivants :
  • l'avènement de la IIIe République;
  • l'invention du téléphone en 1876;
  • le moteur à explosions l'année suivante;
  • la loi de la presse en 1881;
  • la découverte du vaccin contre la rage en 1885;
  • l'exposition universelle de 1889 avec la Tour Eiffel en vedette;
  • l'Affaire Dreyfus et l'assassinat de Sadi Carnot en 1894;
  • L'invention du cinéma par les frères Lumière;
  • etc., etc., etc., 


8 avril, question 8 : son niveau d'instruction


Jules Daisay avait un haut niveau d'instruction car entre 1873 et 1878, il a étudié aux Beaux-Arts de Paris, à l'époque nommée Ecole Nationale et Spéciale des Beaux-Arts, créée en 1817. Il en est ressorti avec notamment une médaille en perspective et une mention en anatomie. Cela lui a permis de postuler auprès du lycée national de Chambéry et d'y obtenir le poste de professeur de dessin. En voici d'ailleurs la lettre envoyée à l'intention du Ministre de l'Instruction Publique en 1880 - un certain Jules Ferry à cette époque. Cette dernière montre par ailleurs que son niveau d'écriture était excellent (pas d'hésitation, pas de fautes). 



Lettre de candidature de Jules Daisay en 1880 - Source Archives Nationales

Enfin, en 1891, il a été distingué comme officier académique (parution au JORF le 21 juillet).


9 avril, question 9 : son environnement géographique


Jules Daisay a vécu la plus grande partie de sa vie dans son département natal, la Savoie, entre la ville (Chambéry) et la campagne (Barberaz), toutes deux situées dans le sillon alpin, en vallée donc. Il a ainsi connu deux styles de vie bien disctincts :

  • La vie urbaine car Chambéry de par sa situation géographique (carrefour naturel) était déjà bien développée à la seconde moitié du XIXe siècle. Elle ne comptait pas moins de 20000 habitants à cette époque-là.

Carte Etat Major de Chambéry (1820-1866) - Source Geoportail

  • La vie campagnarde dans sa maison de famille de Barberaz, située à quelques lieues de la ville. La toile qu'il a peinte peut attester du calme qui y régnait alors.

Jules Daisay - maison de Barberaz - année inconnue - Famille Tamiatto-Bernardot


10 avril, question 10 : les déplacements de Jules Daisay


Jules Daisay s'est-il beaucoup déplacé ? Eh bien, je suppose que oui.

Militairement

Au cours de sa carrière militaire entre 1867 et 1893, il a fait partie de plusieurs régiments d'artillerie, notamment le 2nd durant son service de six ans. Aujourd'hui, je ne sais pas situer les différents garnisons de ces régiments avec exactitude mais je suppose que les déplacements furent nombreux. J'espère avoir plus de détails dans son dossier d'officier qui est conservé au SHD de Vincennes. 

Professionnellement

Cinq ans d'études aux Beaux-Arts de Paris où entre temps il faisait des allers-retour à Chambéry puis vingt ans carrière au Lycée Nationale de Chambéry, cela a dû en faire des déplacements. Ceci sans compter tous ceux que Jules a fait pour exposer ses œuvres, il sera difficile d'être exhaustif.


Des Beaux-Arts au lycée - montage à partir de CPA capturées sur Delcampe


Ses adresses

Nous verrons cela plus en détail dans la partie recensement mais à ce jour, je lui connais au moins six adresses successives entre Paris et la Savoie. Certaines furent des résidences (Paris), d'autres des domiciles (Chambéry). Plusieurs déménagements donc et sans doute beaucoup de navettes entre la ville et la campagne durant les périodes de repos (voir plus haut).


Adresses de Paris versus Chambéry - Cartes actuelles Google


11 avril, question 11 : comment se déplaçait-il ?


Je n'ai pour l'heure aucun document me permettant de déterminer avec certitude les moyens de transport que Jules Daisay empruntait pour ses trajets. Je vais donc me baser sur ce qui existait à son époque pour remplir mon verre d'hypothèses.

Les longs trajets

Nous l'avons vu, Jules Daisay, au début de sa carrière, vivait entre Chambéry et Paris. Il me parait évident qu'il a dû emprunter les réseaux ferrés à savoir :
  • Le réseau PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), créé en 1857 avec notamment les lignes :
    • Paris - Lyon - Marseille
    • Lyon - Genève
    • Chambéry - Saint-Jean-de-Maurienne - Modane (la ligne de la Maurienne)
  • La Compagnie du Chemin de Fer Victor-Emmanuel qui a existé entre 1853 et 1871. 

Réseau PLM en 1904 - Source trains.wikia.com


Les trajets moyens

Entre le centre de Chambéry et la campagne de Barberaz il n'y a pas plus que 3 ou 4 km. Pour ce type de trajet, il n'y avait guère que le fiacre - ou le vélo si on n'a pas de bagages -, l'automobile à moteur n'étant apparue qu'à partir des années 1890 et certainement réservée à des classes plus aisées que celle de Jules Daisay - qui n'était pas à plaindre pour autant.


Un fiacre - Par Wayne77 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

Les trajets courts

Pour ces trajets-là, je vais prendre l'exemple de son Lycée, le Lycée National de Chambéry, appelé aujourd'hui Lycée Vaugelas. A chacun de ses déménagements, il semble qu'il a fait en sorte de s'installer au plus près de son lieu de travail. Je suppose donc qu'il s'y rendait à pied.


Trajets à pied entre ses 3 différentes adresses et le Lycée 


Et le tramway ?

Le tramway de Chambéry a été créé dans les années 1890 avec une première mise en service en 1892 entre Chambéry et La Motte-Servolex. Une deuxième ligne vers Challes-les-Eaux est apparue vers 1897. Les lignes suivantes sont arrivées après la disparition de Jules Daisay. 


12 avril, question 12 : premier métier connu


En un mot comme en cent, Jules Daisay était peintre et dessinateur et a toujours été porté sur cet art. Néanmoins ce dit art pouvait être décliné sous différentes formes. Ainsi, grâce à sa fiche matricule publiée plus haut, on découvre qu'il était peintre en miniatures à l'âge de 20 ans. Nous allons donc considérer que c'était son premier métier. 


Extrait de la fiche matricule déjà affichée plus haut

Qu'est ce donc ? Eh bien d'après Wikipedia, c'est l'art de reproduire le portrait d'une personne sur une petite surface, bien souvent de l'ivoire. Mais à l'époque de Jules Daisay, cet art avait un sérieux concurrent depuis plusieurs décennies déjà : les daguerréotypes. Alors comment l'ancêtre de mes filles pouvait-il en vivre ? A l'heure où j'écris ces lignes, je ne saurais le dire. Néanmoins, je me permets de supposer que pour subvenir à ses besoins il pouvait compter sur l'assistance de son père qui avait une belle affaire dans une fabrique de chaussures. Eh oui, rares étaient les artistes qui pouvaient vivre de leur art. Nous verrons à la question suivante comment il s'est débrouillé par la suite.


13 avril, question 13 : les autres métiers


Les années suivantes, nous retrouvons Jules Daisay avec des intitulés de métier différents.

En 1870 :

En 1878 :


Entre 1880 et 1885 :



Il a ensuite gravi les échelons jusqu'à devenir officier d'académie en 1891.

Comment en vivait-il ? 

Concernant son activité d'artiste peintre qui a perduré en parallèle de celle de professeur, je ne saurais dire s'il a pu en vivre. En revanche, en tant que fonctionnaire de l'instruction publique, il avait droit à un traitement. Selon les documents que j'ai en ma possession (son dossier de carrière), son salaire a varié entre 1000 et 2700 FRF soit entre 3270 et 8829 €*.

Cela pourrait paraître énorme sauf que cela n'a aucun sens de convertir les francs de l'époque en euros d'aujourd'hui d'autant plus que j'ignore la période concernée par les différents traitements du professeur.

A titre de comparaison, il faut savoir qu'au XIXème siècle le journal coûtait environ 5 centimes (un sou) quand aujourd'hui il en coûte parfois plusieurs euros. Devons-nous conclure qu'un professeur de lycée gagnait bien sa vie ? Il faudrait que j'étudie cela.

* source ici


14 avril, question 14 : les recensements


Nous l'avons vu, Jules ou Jean-Marie Daisay a vécu à Paris, Chambéry et Barberaz. Pour ce qui est de Paris, c'est vite vu : pas de recensement avant 1926, soit 26 ans après le décès du peintre. Néanmoins, grâce à la presse ancienne, j'ai pu retrouver deux adresses :


Catalogue du Salon de Paris (1878) - Source Gallica


Explications des ouvrages de dessin et de peinture (1880) - Source Gallica

Mais revenons aux vrais recensements, à Chambéry donc, disponibles en ligne à partir de 1866. Cette année-là, je ne l'ai pas retrouvé, il devait déjà être à Paris alors que ses parents habitaient avec sa dernière sœur au 4 rue du Larith.
L'année 1872 est manquante donc on passe directement en 1876 puis en 1881 : Jules Daisay habitait avec sa famille au 4 rue Métropole, adresse historique de sa belle famille.

En 1876, il est dit peintre et a priori chef du foyer :

Recensement de Chambéry-Nord 1876 - AD73 page 39/108

En 1881, c'est son beau-père (et oncle) qui devient le chef :

Recensement de Chambéry-Sud 1881- AD73 page 46/112

Aux deux recensements suivants, 1886 et 1891, nous retrouvons Jean-Marie Daisay et sa famille au 1 rue Bonivard (nom d'une célèbre famille savoisienne), cette fois sans sa belle famille, Antoine Daisay étant décédé. Daisay était alors professeur et chef du foyer. J'ai appris par la presse ancienne que Jules avait son atelier au 3e étage de cette batisse en forme de tourelle :


1 rue Bonivard à Chambéry en 2016 - photo personnelle

Enfin en 1896, la famille a de nouveau déménagé, au 5 rue Sainte-Barbe. Le foyer n'est plus composé que de trois personnes, la fille aînée du professeur s'étant mariée en 1893. Vous noterez qu'il n'y a plus de domestiques.


Recensement de Chambéry-Sud 1896 - AD73 page 168/176

Après le décès de Jules Daisay, sa veuve reste encore à cette adresse en compagnie de sa soeur Jeanne-Marie restée célibataire. Peu de temps après, elles s'installeront définitivement à Barberaz où Marguerite (dite Clotilde) mourra en 1917 et Jeanne-Marie en 1939. 


15 avril, question 15 : le parler de sa région


Bien que le français soit la langue officielle sur tous les documents administratifs, même à l'époque sarde, il y a bien un parler régional en Savoie. Tout simplement le savoyard qui trouve son origine dans le francoprovençal mais avec des différences notables que je n'exposerai pas ici, n'étant pas un spécialiste des langues régionales. 
Le savoyard se décline lui-même en plusieurs sous-dialectes selon la zone (montagne, vallée, etc.) des deux départements de la Savoie. Le chambérien en fait partie. J'imagine donc que Jules Daisay, bien qu'il écrivît en français, parlait aussi le chambérien.


Les dialectes du savoyard - source Wikipedia


16 avril, question 16 : comment s'habillait-il ?


Bonne question... Il semble que le costume masculin était relativement simple : un pantalon, une blouse, une veste en drap de laine et un chapeau en feutre noir. Les décorations pouvaient varier d'un village à l'autre. 
En tant que peintre, Jules Daisay a réalisé quelques autoportraits mais je les réserve pour la suite du challenge Genealogie30.
En attendant, je vous présente son beau-frère, Emile Savoyen.


Jules Daisay - Portrait d'E. Savoyen - Conservé au musée de Chambéry depuis 1937 - Photo base Joconde 


17 avril, question 17 : combien a-t-il eu d'enfants ?


Jules Daisay et Marguerite Roux ont eu deux enfants, des filles, nés avant leur mariage. C'est lui-même qui les a déclarées en se reconnaissant comme étant le père. Toutefois elles ne se sont appelées Daisay qu'à partir de leur légitimation en 1873.

Jeanne Marguerite Daisay

Née à Chambéry, rue du Verger, au domicile de sa mère, le 5 mars 1870, Jeanne Marguerite deviendra professeure de dessin comme son père. Elle se marie le 2 septembre 1893 à Barberaz avec Pierre Emile Daisay, instituteur, son cousin germain, fils de Rodolphe, frère de Jules. Ils vivront par la suite dans de nombreuses communes d'Île-de-France au gré des affections d'Emile. Le couple aura quatre enfants dont un décédé en bas âge. Emile décède en 1930 à Neuilly-Plaisance et sera enterré à Barberaz. J'ignore les lieu et date de décès de Jeanne Marguerite dont le dernier domicile connu est à Saint-Saturnin (Marne) en 1938. 


Portrait de Jeanne Marguerite Daisay - Jules Daisay - don de la famille Daisay en 1900 au musée de Chambéry - source base Joconde

Marie Louise Daisay

Elle aussi née à Chambéry mais rue Métropole, le 5 juillet 1872, Marie Louise se marie également à Barberaz en 1897 avec Joseph Antoine Tamiatto, employé du PLM. Ce sont les sosa 28 & 29 de mes filles. Eux aussi déménageront souvent du fait du métier d'Antoine Tamiatto : Lyon, Besançon, Nevers, et auront cinq enfants dont un décédé en bas âge. Au décès de son mari en 1918, Marie Louise revient à Chambéry où elle finira ses jours en 1950 chez sa fille et son gendre Yvonne et Albert Fontanel. Elle est inhumée à Chambéry au cimetière Charrière-Neuve auprès de son mari, ses grands-parents paternels et une tante.


Portrait de Marie Louise Daisay - Jules Daisay - Photo famille Tamiatto Michel


18 avril, question 18 : est-ce qu'il était présent au mariage de ses filles ?


Comme vu précédemment, les mariages ont eu lieu en 1893 et 1897 à Barberaz, lieu de villégiature de la famille Daisay. Jules, ainsi que sa femme, étaient bien présents au mariage de leurs filles.

Mariage de Jeanne Marguerite Daisay et Pierre Emile Daisay

Etaient présents :
  • Jules Daisay;
  • Marguerite Roux;
  • Ambroise Daisay, oncle de l'épouse (cousin de l'époux...);
  • Victor Henry, pas de parenté;
  • Philippe Charmète, pas de parenté;
  • Joseph Dufaud, pas de parenté;
Absents : parents de l'époux car décédés.

Mariage de Marie Louise Daisay et Joseph Antoine Tamiatto

Etaient présents :
  • Gaspard Tamiatto, père de l'époux;
  • Clarisse Marquet, sa mère;
  • Jules Daisay;
  • Marguerite Roux;
  • Philippe Charmète, de nouveau;
  • Henry Quinson, pas de parenté;
  • Elie Canova, pas de parenté;
  • Charles Perrin, pas de parenté;
Mis à part les témoins et les parents indiqués sur les actes de mariage, il m'est évidemment impossible de savoir qui étaient parmi les invités.


19 avril, question 19 : l'origine de son patronyme


Pour cette question, RDV ici !


20 avril, question 20 : qui était son père ?


Le père de Jules Daisay, Pierre Antoine Étienne, voit le jour à Chambéry le 26 février 1805, fils de Gaspard Daisay (1766 - 1846) et de Barbe Routen (1775 - 1857). Il est le 7e d'une fratrie de 12. Pierre Antoine deviendra cordonnier et fabricant de chaussures comme de nombreux Daisay avant et après lui. Son frère cadet Antoine le sera également et on devra d'ailleurs les différencier tous les deux en les appelant « aîné » et « cadet » pour éviter la confusion.


Annonce parue dans le Patriote Savoisien du 25/04/1871 - Source Lectura Plus


En 1831, il se marie avec Marie Bonnet, une drômoise, avec il aura 11 enfants dont Jules. Il parait qu'il en aurait même eu 12 mais je n'ai jamais trouvé le 12e. Il aura vécu toute sa vie à Chambéry où il décède le 16 mai 1876 en sa demeure sise 6 place Saint-Léger.

Je n'ai pas de photo de lui et il semble qu'il n'existe aucune toile le représentant, du moins pas au musée de Chambéry. Peut-être en existe-t-il une chez un descendant de Jules Daisay ou peut-être que ce dernier n'a pas eu l'occasion de le prendre comme modèle. Pierre Antoine Daisay est donc représenté ainsi sur mon arbre :






21 avril, question 21 : qui était sa mère ?


La mère de Jules Daisay se nomme Marie, dite Mariette, Bonnet. Elle est née le 22 septembre 1813 à Crest dans la Drôme, fille de Joseph, négociant, originaire de Dieulefit et de Marie Coursange du Poët-Laval, issue d'une famille protestante. Je ne lui connais qu'un frère, Joseph Louis, employé des postes. La famille déménagera à Chambéry alors que les enfants sont encore adolescents, sans doute en raison de la profession du père. C'est là que Mariette rencontrera Pierre Antoine Daisay et exercera d'ailleurs le même métier que lui, c'est-à-dire fabricante de chaussures.
Les parents de Mariette lâcheront leur dernier soupir respectivement en 1848 et 1849 à Chambéry tandis que Mariette s'éteindra en 1888 à Barberaz, dans la résidence de campagne de la famille Daisay. Elle avait 75 ans.

Là non plus, je n'ai pas l'impression qu'un portrait de Mariette ait jamais été réalisé par son fils Jules. Je ne lui connais donc que sa signature de femme mariée.


Signature de Marie Bonnet femme Daisay retrouvée sur l'acte de mariage d'une de ses filles - Source AD73


22 avril, question 22 : sa fratrie


Jules Daisay avait 10 frères et soeurs, tous (sauf une) nés à Chambéry entre 1833 et 1850, Jules étant le seul garçon né à Barberaz. Le moins que l'on puisse dire est que tous n'ont pas eu la même chance dans la vie. Voici un rapide résumé de l'histoire de chacun d'eux :

  • Marie, née en 1833, négociante, mariée deux fois, avec Pierre Pin puis avec Paul Mathé dont elle aura une fille unique, Jenny. Marie décède en 1877 à Paris peu de temps après sa séparation d'avec Paul Mathé. Cette branche est éteinte.

Extrait du JO des archives commerciales de France - Source Gallica

  • Marie Elisa, née en 1834, mariée avec Louis Torelli, un Piémontais, avec qui elle aura deux enfants. Elle finira rentière à Nice où elle décède en 1910 à l'âge de 76 ans. Sa descendance gravite autour de Paris.
  • Rodolphe, né en 1835, cordonnier, marié à Paris avec Alexandrine Liger avec qui il a 3 enfants dont Pierre Emile qui épousera la fille aînée de Jules. Rodolphe se suicide en se jetant d'une falaise en Normandie en 1878. Branche au cruel destin puisque sa dernière fille, Alix, meurt de la tuberculose à seulement 20 ans.

Extrait du Bonhomme Normand - 26/12/1878 - Source Normannia

  • Julien, né en 1836. Aucune autre information, sans doute décédé en bas âge mais je n'ai pas retrouvé l'acte.
  • Marie Joséphine, née en 1837 et décédée en nourrice 3 mois plus tard à Cognin.
  • Coline, née en 1839, sans profession, mariée à un banquier, Emile Savoyen (voir son portrait plus haut). Elle vit à Paris à l'abri du besoin jusqu'à son décès en 1929, âgée de 90 ans. C'est la seule de la fratrie dont il existe un portrait peint par son frère.

Portrait de Mme Savoyen - Musée de Chambéry - Base Joconde
  • Adèle, née en 1840 à Aix-les-Bains et décédée 2 mois plus tard à Saint-Jean-d'Arvey.
  • Thérèse, née en 1841, modiste à Paris. Elle meurt avant même d'avoir eu 20 ans. Elle a eu 2 enfants naturels qui n'ont pas survécu.
  • Jenny, née en 1843 et décédée célibataire en 1904 à Barberaz, chez la veuve de Jules Daisay. Je n'ai rien retrouvé d'autre à son sujet.
  • Enfin, Marie, née en 1850. Elle se marie en 1871 à Chambéry avec Pierre André Duc, un pharmacien de 25 ans son aîné. Elle aussi décède jeune, dans des circonstances étranges aux Etats-Unis, plus exactement à Rosario, comté de Santa Fe, Nouveau-Mexique. D'après l'histoire familiale, cela se serait produit au moment où elle sortait d'un cabaret. C'était en 1874. Je ne connais la date exacte que grâce à l'acte de remariage de son époux, célébré en Algérie. Que faisait-elle dans ce pays si éloigné de chez elle ? Mystère...

23 avril, jour 23 : ses liens avec sa fratrie


On l'a vu au chapitre précédent : la famille a été dispersée si bien qu'il est quasi impossible d'affirmer avec certitude les relations que Jules Daisay a pu avoir avec sa fratrie. Ce qui est certain en revanche, c'est qu'aucun de ses frères ou soeurs n'a été témoin à son mariage et inversement, Jules Daisay n'a été le témoin à aucun mariage ni à aucune déclaration de naissance ou décès. Alors pour synthétiser mes hypothèses et mes certitudes, j'ai établi une petite carte mentale que voici :


Carte mentale réalisée avec Xmind

 

 

24 avril, question 24 : son arbre sur 4 générations


Sur une des branches je suis même remonté à la 17e génération, une lignée d'écuyers issus de Naples ayant gagné des titres de noblesse en France, dans le Vaucluse avant d'arriver dans la Drôme. Bref, je vais plutôt vous résumer les 4 branches suivantes :

Arbre généré par Geneanet

  • La branche Daisay : l'arrière-grand-père de Jules Daisay est né à Rumilly en Haute-Savoie puis s'est installé à Chambéry, c'est là que tous les Daisay qui l'ont suivi sont nés, à quelques exceptions près, dans cette branche-là;
  • La branche Routen : Barbe Routen, la grand-mère paternelle de Jules est originaire de Jacob-Bellecombette, toujours en Savoie;
  • La branche Bonnet : Originaire de l'Ardèche (Saint-Etienne-de-Fontbellon) avant d'arriver dans la Drôme (Dieulefit, Crest);
  • La branche Coursange : nous restons dans la Drôme mais au Poët-Laval, commune à majorité protestante. C'est par cette branche, via Etienne Coursange, que j'accroche les nobles d'origine lointaine italienne : les Ferry, devenus de Ferre puis de Ferre de la Verrière.


25 avril, question 25 : quelle était sa religion ?


Pour être honnête, la religion est ce qui m'intéresse le moins en généalogie même si cela peut être essentiel d'avoir quelques notions dans certaines circonstances, notamment pour ceux qui ont des ancêtres protestants - à cause du désert -, juifs ou musulmans. Pour le cas de Jules Daisay, nous avons vu précédemment qu'il avait des ancêtres essentiellement catholiques mais aussi protestants dans une branche drômoise.

Mais lui-même ?

Sur son acte de baptême - rappelons qu'il a été baptisé Jean Marie - on constate un premier indice qui ne laisse a priori aucun doute : cela se passe dans une église donc il s'agirait de la religion catholique.


Premier extrait de son acte de baptême - AD73

Cependant, un élément m'a mis un doute :


2e extraite de son acte de baptême - AD73

« Rd » est l'abréviation de Révérend et pour moi cela renvoyait plutôt au protestantisme mais j'étais dans l'erreur. D'après Wikipédia ce terme était un prédicat pour désigner un ministre du culte. Un titre honorifique donc. Enfin, le terme « recteur » n'est guère employé que dans le catholicisme (ou dans l'Islam, mais ici, nous ne sommes clairement pas dans une mosquée). 

Mais l'acte de décès du Révérend Abry ne permet pas de lever définitivement le doute :


Extrait de l'acte de décès du Révérend Abry survenu en 1862 - AD73

Ici, le terme « desservant » va aussi bien pour une église que pour un temple... Alors pour clouer le bec à mes interrogations de profane, je suis allé faire un petit tour du côté du site Internet de la ville de Barberaz qui m'en a appris davantage :

Pendant longtemps, la vie s'est déroulée sur le « coteau », ou « montagne », autour de l'église paroissiale dédiée à Saint Didier, encerclée par son petit cimetière. Elle était en si mauvais état et tellement exiguë pour accueillir une population toujours plus nombreuse, qu'il fallu au milieu du XIXème siècle en construire une nouvelle à quelques centaines de mètres de distance, tout près de la Cure où vivaient les Recteurs (curés) depuis la vente de l'ancien presbytère comme Bien National, au moment où les révolutionnaires français occupèrent la Savoie, vers 1792.

Bref, Jules Daisay était catholique mais était-il pratiquant ? S'il l'était, cela devait être avec beaucoup de modération car n'oublions pas qu'il a eu ses filles avant de se marier, ce qui n'a pas dû vraiment plaire à la cure. Ceci dit, il a d'une certaine façon contribué à la paroisse de Barberaz en ayant peint ce magnifique tableau, toujours exposé dans l'église Saint-Didier :


Le Christ aux liens - Jules Daisay - église de Barberaz


26 avril, question 26 : Jules Daisay chez le notaire


Il n'y a pas eu de contrat de mariage mais comme il a été propriétaire immobilier, je pense qu'il a dû voir un notaire quelques fois, au moins pour la déclaration de succession de ses parents. Une recherche aux AD73 dans les enregistrements et les hypothèques m'est nécessaire pour creuser la question. J'ai recensé toutes les cotes, il n'y a plus qu'à.
Je sais en revanche qu'il a fréquenté des notaires car il a peint le portrait d'au moins l'un d'eux, Maître Jamot, en 1885.



27 avril, question 27 : des photos de Jules Daisay


Jules Daisay est décédé en 1900. Il est probable que des photos de lui aient été prises mais je n'en ai retrouvé aucune dans la presse ancienne et ma belle famille n'en possède pas. Fort heureusement, il a réalisé plusieurs autoportraits. Quatre sont actuellement conservés au musée des Beaux-Arts de Chambéry dont celui publié en introduction de cet article. C'est d'ailleurs le seul qui est daté : 1886. Il avait donc 39 ans. Voici les autres :



Autoportraits conservés au musée des Beaux-Arts de Chambéry - source Internet - base Joconde


28 avril, question 28 ; quels étaient ses repas ?


En voilà une question que je ne me suis jamais posée concernant mes ancêtres ! Peut-être faudrait-il la poser à l'une des spécialistes de la cuisine ancestrale : Evelyne du blog Ciel ! Mes aïeux !

Mais revenons à notre cher Jules Daisay. Non, il ne mangeait pas de tartiflette ! Cela n'existait tout simplement pas à son époque sous ce nom car cela a été inventé dans les années 70 ou 80, selon les sources, pour les touristes. En revanche il a sûrement dû goûter à son ancêtre la Pélà, cuisinée dans une poële - d'où son nom - avec des pommes de terres non pelées contrairement à sa version moderne.

Quoi d'autre à part le Reblochon ? côté fromage on devait trouver la Tome des Bauges, inventée il y a des siècles. Côté repas, les diots, ces fameuses petites saucisses savoyardes, accompagnés ou non de crozets (ou croé en savoyard), ou de polenta, arrivée en Savoie avec l'influence italienne. Si on cherche quelque chose de plus paysan, il y a la déclinaison savoyarde du matafan, sorte de galette de pommes de terre.

Et à l'apéritif ? J'imagine très bien notre ancêtre déguster un petit verre de Vermouth de Chambéry, inventée dans ladite ville en 1821.

Et pour finir ? Dans ma rapide recherche sur les spécialités du coin, j'ai découvert que les truffes en chocolat ont été inventées à Chambéry en 1895, soit 5 ans avant la mort du peintre. A-t-il eu le luxe ou l'audace d'y goûter malgré ses problèmes hépatiques ? Qui sait...

Ce qui est écrit en orange ci-avant figure dans le montage qui suit :






29 avril, question 29 : y'a-t-il une histoire qui se transmet sur Jules Daisay ? Est-elle vraie ?


Je ne suis pas le premier qui a fait des recherches généalogiques sur la famille Daisay. Les cousins de ma belle-mère, Michel (1930-1993) et Claude Tamiatto (1929-2000) m'ont précédé à l'époque où Internet n'existait pas. Leurs recherches, transmises à ma belle-mère, sont à présent entre mes mains depuis quelques années. J'ai pu ainsi confirmer ou corriger certaines informations. 

Parmi celles-ci, il y avait une histoire comme quoi une tante de Jules Daisay, appelée Pauline, avait épousé le fils d'un général de l'Empire et qu'on l'appelait la tante « Mouton ». J'ai alors tout de suite pensé à Mouton-Duvernet étant donné que j'habite pas loin de la station du métro parisien qui porte son nom. 

A l'ère d'Internet, il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour recoller les morceaux, d'une part parce qu'un cousin (fils de Michel) avait déjà mis en ligne un arbre partiel mais contenant beaucoup d'erreurs, d'autre part parce que les archives de la Savoie sont en ligne depuis quelques années. En fin de compte la tante  « Mouton » s'appelait Coline - comme une des soeurs de Jules - et non Pauline et s'était mariée en 1818 avec Jean-Cincinnatus Mouton-Duvernet à Chambéry :



Liens entre le Général Mouton-Duvernet et la famille Daisay - Arbre Geneanet


Je parle plus en détails de Coline Daisay dans cet article.


30 avril, question 30 : sa participation à la vie en communauté


Outre le fait qu'il a été professeur au lycée de Chambéry et conservateur du musée de la même ville, je sais par le biais de plusieurs sources qu'il a participé activement à la vie de la commune, tout d'abord comme membre du conseil municipal (adjoint au maire, commission de l'instruction publique) puis élu au conseil d'arrondissement. Voici ci-dessous quels extraits :


Extrait d'un acte de décès où J.Daisay apparaît comme Officier d'Etat Civil - AD73 1895



Extrait du Patriote Savoisien du 20/05/1892 - Composition du conseil municipal - Source Gallica



Extrait de l'Univers du 16/11/1897 - Election de J. Daisay au conseil d'arrondissement de Chambéry-Sud - Source Gallica



5 commentaires:

  1. Nous allons donc suivre la vie de Jules Daisay et les balbutiements de ton travail :)

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  2. Là il m'est assez facile d'imaginer le cadre de vie de Jules car je connais Chambéry.

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  3. Très bon travail de recherches et d'organisation autour d'un personnage central. On dirait un attrayant synopsis donnant vraiment envie d'aller voir le film qu'il annonce

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  4. les truffes au chocolat sont savoyardes !!! miamm

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