mardi 31 mai 2022

#Généalogie30 : une épine de Rose sicilienne

Ah ! Voilà que Sophie de la Gazette des Ancêtres relance le défi #Généalogie30 : 30 questions à se poser pour enrichir la vie d'un ancêtre. 

Au départ, j'étais parti pour décliner la relève de ce défi, étant peu motivé à l'écriture ces derniers mois, mais je me suis ravisé à peine une minute plus tard car ce pourrait être l'occasion de lancer quelques bouteilles à la mer Méditerranée à propos de l'ancêtre que j'ai choisie de vous exposer. 

Eh oui, je dois l'admettre, je sais peu de choses sur elle bien qu'elle ne soit pas très éloignée dans mon arbre généalogique, ou devrais-je dire « jardin de roses généalogique », car, oui, il s'agit de mon arrière-grand-mère Rosa Lanfranca, sosa 23 de mes filles, la mère de la mère (Rosa) de ma mère (Marie-Rose), personnage central d'un jardin sicilien bien fleuri. Vous l'aurez compris : les femmes s'appelant Rosa sont légion dans mes branches siciliennes.

Mais là n'est pas le sujet, revenons donc à nos boutons. Voici Rosa Lanfranca :


Rosa Lanfranca à la fin de sa vie - capture d'une photo de famille - colorisée par Marina Amaral

1. Naissance et baptême


Rosa est née le 6 mai 1870 à Camporeale, commune de la province de Palerme en Sicile, et a été baptisée le même jour. Je suis en possession des deux actes, le premier grâce au site italien d'Antenati, le second grâce à Familysearch.

Quels renseignements m'apportent l'acte de naissance ? Elle a été déclarée par son père Giuseppe Lanfranca, fils de Vincenzo, qui a 35 ans et qui exerce le métier de paysan (Villico). Il est dit que la mère s'appelle Maria Nicolino, fille de feu Michele et que l'enfant est née dans leur maison d'habitation. La déclaration a été faite en présence de deux témoins qui n'ont aucun lien de parenté avec la famille : Salvatore Marchese et Michele Maniscalco.

Et l'acte de baptême ? L'acte est écrit en latin et est très court. On y retrouve le nom des parents, du parrain, Antonino Nicolino, son oncle maternel, et de la marraine, Maria Caruso, sans lien connu à ce jour.


2. Son mariage


Je ne dispose que de l'acte de mariage religieux de Rosa Lanfranca, lui aussi rédigé en latin et très pauvre en informations. Rosa s'est donc mariée le 22 juin 1896 en l'église Sant'Antonio di Padova à Camporeale avec Calogero Perna - parfois écrit La Perna - issu du même village et de six ans son benjamin, fait rare pour l'époque et le lieu.
Rosa étant orpheline de père depuis l'âge de 7 ans, il n'y avait que sa mère, Maria Nicolino de présente au mariage de même du côté de Calogero qui a perdu son père, Pietro, l'année précédant le mariage.


Acte de mariage religieux entre Rosa Lanfranca et Calogero Perna - Familysearch


Quant aux témoins (testibus), le premier, Giuseppe Maggiore, n'a pas de lien de parenté connu avec la famille et le second, Pietro Salsiccia, ne semble pas en avoir non plus. Toutefois, c'est lui qui déclarera le décès de la mère de Rosa en 1905. Par conséquent, il peut s'agir d'un ami proche.


3. Son décès


Est-ce que j'ai toutes les informations sur son décès ? Ah ben non alors. Vraiment pas. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'à ce jour, je n'ai retrouvé ni acte de sépulture, ni acte de décès. Il faut savoir qu'au tout début du XXè siècle, Rosa et sa famille ont émigré en Tunisie pour ne plus jamais en repartir (enfin, ses enfants, si, mais c'est une autre histoire). Rosa et Calogero vivaient dans un petit village perdu dans le Gouvernorat de Zaghouan appelé Aïn-el-Asker. Selon ma mère, ils sont décédés dans ce village autour des années 50 mais elle était trop petite pour s'en souvenir avec exactitude. Nous détenons une photo d'eux avec ma grand-mère et quelques petits-enfants dont ma mère alors âgée de 3 ans. Cela montre qu'ils ont vécu au moins jusqu'en 1948.


Situation de Aïn-el-Asker par rapport à Tunis - Source Google Maps



Il y a bien le site de Geneanum sur lequel on peut retrouver des indexations des BMS catholiques des paroisses de Tunisie mais ces dernières sont largement lacunaires. Par ailleurs, le cimetière où ont été enterrés mes arrière-grands-parents n'existe plus depuis très longtemps. Nous y reviendrons plus tard.

Au moment où j'écris ces lignes, je n'ai plus aucune piste de recherche. Je vous dresse la liste de celles qui se sont avérées infructueuses :
  • La prélature de l'archevêché de Tunis : ils ont effectué les recherches deux fois sans succès.
  • La commune de naissance de Rosa, Camporeale, n'en a aucune trace alors que bien souvent il existe des transcriptions des actes de décès des italiens morts en Tunisie.
  • Les archives d'état de Palerme n'ont rien non plus.
  • Enfin, j'ai écrit à l'ambassade d'Italie en Tunisie qui m'a répondu négativement au bout de longs mois...
NB : ils n'ont pas été naturalisés français malgré le protectorat. Si quelqu'un a une idée, je suis donc preneur.



Eglise Saint-Eugène-d'Armand-Collin (El M'nagha), désaffectée mais la plus proche de Aïn-el-Asker encore debout. Il n'en existe aucune archive. Source Wikipedia.



4. Les personnes présentes aux évènements


Pour l'heure je ne me suis intéressé qu'au parrain de Rosa Lanfranca : Antonino Nicolino, son oncle maternel. C'est donc le frère de sa mère, Maria Nicolino. Il est né à Camporeale en 1831, fils de Michele (1798-1855), décédé du choléra, et Santa Vaccaro (-1861). Il est le 2e enfant connu du couple, après Leonarda et avant Mariano, Maria et Giorlando, tous ayant atteint l'âge adulte.

Antonino se marie en 1858 avec Liboria La Rocca, toujours à Camporeale où la famille s'établit. Ils auront 7 enfants dont 5 malheureusement morts en bas âge :
  • Michele (1859-1868) ;
  • Santa (1861-1863) ;
  • Santa (1865-1865) ;
  • Luigi (1866-1866) ;
  • Santa (1867-1868) ;
  • Michele (1869-?) ;
  • Santa (1873-?).
Michele se mariera et aura des enfants. Quant à Santa, j'ignore son devenir du fait des lacunes de l'état civil de Camporeale. C'est d'ailleurs pourquoi je n'ai pas encore retrouvé l'acte de décès d'Antonino ni celui de son épouse.


5. Son père


Le père de Rosa Lanfranca s'appelait Giuseppe. Tout comme sa fille, il est né à Camporeale, le 18 décembre 1835, fils de Vincenzo et Rosa Lipari. Je lui connais 9 frères et sœurs qui, chose rare, auraient tous atteint l'âge adule mais cela mériterait une recherche approfondie car je ne dispose pas de l'entièreté des actes de décès de la fratrie.

Giuseppe se marie en 1862 en l'église de Sant'Antonio di Padova avec Maria Nicolino, fille de Michele et Santa Vaccaro. Ensemble ils auront 8 enfants mais seulement 3 atteindront l'âge adulte dont Rosa et ses deux frères Vincenzo (1865-1915) et Michele (1876-1965) mais nous reparlerons d'eux plus tard.

La vie de Giuseppe, sosa 46 de mes filles, sera malheureusement courte puisqu'elle se termine le 1er octobre 1877 à l'âge de seulement 41 ans laissant Vincenzo, Rosa et Michele orphelins respectivement à l'âge de 12, 7 et 1 an. Sa veuve ne se remariera jamais.



6. Sa mère


La mère de Rosa Lanfranca se nommait Maria Nicolino, elle aussi née à Camporeale le 12 octobre 1839. Elle a la fille de Michele Nicolino (1798-1855) et de Santa Vaccaro (décédée en 1861) et je lui connais à ce jour une sœur : Leonarda (1827-1862) et trois frères : Antonino (1831-), Mariano (1835-1877) et Giorlando (1843-), ces derniers s'étant tous les trois mariés.

Comme indiqué précédemment, elle sera veuve peu après la naissance de son dernier enfant, Michele, et ne se remariera pas. Son veuvage durera 28 ans, puisqu'elle s'éteint à Camporeale en 1905. Le décès est déclaré par Pietro Salsiccia, l'un des témoins du mariage de mon arrière-grand-mère.



7. La fratrie


Giuseppe Lanfranca et Maria Nicolino ont eu en tout 8 enfants :
  • Rosa (1864-1865), morte en bas âge ;
  • Vincenzo (1865-1915) ;
  • Michele (1868-1872), autre petit ange ;
  • Rosa, mon AGM (1870-?) ;
  • Saverio (1872-1873) & Michele (1872-1875), jumeaux eux aussi morts en bas âge ;
  • Santa (1875-1875), décidément...
  • Michele (1876-1965), dernier enfant et celui qui a vécu le plus longtemps.

Il n'y a eu donc que Rosa et ses deux frères Vincenzo et Michele qui ont atteint l'âge adulte. Ils ont eu une destinée bien différentes les uns des autres :
  • Rosa a émigré en Tunisie ;
  • Vincenzo a épousé Antonina Ciaccio en 1892 puis Angela Vaccaro en 1914. Il a eu deux filles avec la première, Rosa (1898-?) qui épousera le fils aîné de mon AGM en 1920 avec qui elle aura 8 enfants en Tunisie. Le dernier d'entre eux est décédé l'année dernière. La vie de la seconde, Maria (1907-?) ,m'est inconnue. Il paraît qu'elle a été adoptée à la mort de ses parents et aurait changé de nom mais je n'ai rien pu retrouver pour le confirmer ou l'infirmer. Quand Vincenzo meurt à Camporeale en 1915, Rosa a 17 ans et Maria, 8 ans* ;
  • Michele s'est marié en 1900 avec sa belle-sœur, Margherita Perna (1881-1936) - oui, c'est une famille très endogame - avec qui il a eu deux enfants viables : Giuseppe (1911-1965) et Maria (1914-1997). Michele quittera Camporeale avec ses enfants et petits-enfants dans les années 50 pour s'installer en Toscane, à Castellina-Marittima, près de Pise. Il y meurt le 15 février 1965, quelques mois avant son fils. J'ai toujours des cousins qui vivent dans cette commune aujourd'hui.
* correction du 7 juin 2022 : j'ai a priori tordu le cou à cette légende familiale car je viens de retrouver l'acte de mariage de Maria Lanfranca en date du 22 janvier 1927 à Camporeale avec Giuseppe Davi, un meunier de 24 ans !


3 frères et sœur, 3 destins


8. Ses tantes et oncles


Du côté maternel, nous avons à ce jour :
  • Leonarda Nicolino (1827-1862), épouse de Francesco Cascio ;
  • Antonino Nicolino (1831-?), époux de Liboria La Rocca, 7 enfants ;
  • Mariano Nicolino (1835-1877), époux de Antonina Mangiaracina (-1918), 8 enfants ;
  • Giorlando Nicolino (1843-?), époux de Francesca Carrozza, 8 enafnts.

Et du côté paternel :
  • Antonina Lanfranca (1832-?) ;
  • Caterina Lanfranca (1834-1881), épouse de Antonino La Puma ;
  • Giuseppa Lanfranca (1837-?), épouse de Vincenzo Pisciotta ;
  • Saverio Lanfranca (1840-1895), époux de Rosa Guastella, un enfant ;
  • Pietro Lanfranca (1842-1929), époux Rosalia Accurso puis de Giuseppa Gianetta, 14 enfants ;
  • Antonia Lanfranca (1845-1891), épouse en secondes noces de Liborio Maenza ;
  • Simone Lanfranca (1848-1935), époux de Santa Mangiaracina (-1934), 10 enfants ;
  • Francesca Lanfranca (1850-?) ;
  • Calogero Lanfranca (1853-?).

Et il en reste tant à découvrir...


9. Ses relations avec les autres membres de la famille


Rosa a vécu environ la moitié de sa vie dans son village d'origine, Camporeale, et l'autre moitié en Tunisie dans diverses communes. Autant dire que déterminer avec exactitude quelles ont été ses relations avec les membres de sa famille est un parcours du combattant. Néanmoins, comme on a vu précédemment, cette famille était légèrement endogame. Rappelons que :
  • son frère, Michele, a épousé sa belle-soeur, Margherita Perna. Leurs enfants et leurs petits-enfants sont tous nés à Camporeale avant de déménager pour la Toscane dans les années 50.
  • son fils, Pietro Perna, a épousé sa nièce, Rosa Lanfranca - attention aux homonymes - à Camporeale en 1920. Leurs 8 enfants sont tous nés en Tunisie entre 1921 et 1939 et la famille vivait dans le même village que Rosa et son mari Calogero Perna, Aïn-el-Asker, dans le gouvernorat de Zaghouan.
Et, malgré l'éloignement entre Rosa et ses frères, je sais qu'elle a pu garder contact avec eux, surtout avec Michele (décédé en 1965) car Vincenzo est décédé prématurément en 1915 à seulement 50 ans. En effet, ma grand-mère, fille de Rosa, correspondait beaucoup avec son cousin germain, Giuseppe, fils de Michele, et ainsi de suite jusqu'à ma génération : j'ai rencontré mes cousins de Toscane pour la première en fois en 2001.

Voici un « petit » arbre descendant pour résumer le tout :



Là, il faut vraiment cliquer pour agrandir...



Dernier point : il y a de nombreux Lanfranca de Camporeale qui émigré vers la Tunisie dont la plupart étaient de proches cousins. J'imagine qu'ils ont pu se côtoyer mais je n'en ai pas la preuve formelle, d'autant plus que certains se sont fait naturaliser français quand d'autres sont retournés en Sicile par la suite.



10. Sa généalogie sur 4 générations


Bien que j'ai tous les noms sur 4 générations (voire 5 pour certaines branches), il manque certains lieux et dates et je n'ai pas l'assurance de les trouver un jour tant il manque de registres en ligne soit par inexistence soit par lacune. Il faut savoir par exemple que la paroisse de Camporeale n'a été créée qu'en 1779. Avant cette date, les familles venaient d'ailleurs, comme Gibellina, dans le cas des Lanfranca, et il n'y a pas de registre en ligne.


Arbre éventail Geneanet




11. Origine du nom


Lanfranca est un matronyme sicilien, dérivé de Lanfranco (Lanfranchi au pluriel). Il désigne une personne d'origine germanique, Landfranc (Land = pays + franc = du peuple franc). D'après Geneanet, il est documenté en Italie du Nord dès le IXè siècle sous la forme latine Lanfrancus.

Tous les Lanfranca de Camporeale descendent d'un seul couple, arrivé de Gibellina, située à une vingtaine de kilomètres de là, dans les années 1800-1810. Il s'agit de Giuseppe Lanfranca et Caterina Jenna (ou Ienna), arrière-grands-parents de Rosa.

D'après mes recherches, je peux affirmer avec quasi certitude que tous les Lanfranca nés à Camporeale sont mes ancêtres ou collatéraux.



12. Les porteurs du nom Lanfranca


Comme dit précédemment, les Lanfranca de Camporeale descendent d'un seul couple venu d'ailleurs. Ainsi, tous les porteurs de ce nom sont apparentés de près ou de loin à mon arrière-grand-mère Rosa. J'ai même recensé tous ceux qui ont été baptisés en Tunisie via le site Geneanum et la plupart ont leurs parents originaires du village sicilien ! Par conséquent, ceux-là également sont apparentés à Rosa.
A ce jour, j'en ai recensé 95 nés à Camporeale entre 1780 et 1921 et 43 baptisés en Tunisie au 20e siècle.



Les évènements des Lanfranca entre la Sicile et la Tunisie




13. Migration du nom de famille

 
Les premiers Lanfranca de Camporeale sont originaires de Gibellina, situé à une vingtaine de kilomètres de là. Je ne connais pas avec précision la date de leur arrivée à Camporeale car je ne dispose d'aucun acte de naissance ou de baptême des enfants du couple Giuseppe Lanfranca x Caterina Jenna. Comme je ne les ai pas trouvés dans les registres de catholicité en ligne de Camporeale, je suppose qu'ils sont tous nés à Gibellina, En revanche, ils se sont tous mariés à Camporeale, le premier d'entre eux, Antonino, en mai 1823 avec Vita Accurso. Sur l'acte de mariage, il est indiqué être né à Gibellina.
Évidemment, si on veut remonter au plus loin, il m'apparait très difficile de déterminer quand le premier Franc est arrivé en Sicile...



14. Mon ancêtre dans la presse ancienne


A ce jour, j'ai fait très peu de recherches dans la presse italienne. D'ailleurs, en ce qui concerne la Sicile, il n'y a a priori rien en ligne avant 1945. 
Quant à la presse française ou franco-tunisienne, je n'ai rien trouvé sur Rosa Lanfranca. En revanche, j'ai pu trouver quelques coupures sur certains de ces cousins, notamment ceux qui se sont fait naturaliser français. On les retrouve publiés au Journal Officiel, comme par exemple :


Extrait du JORF du 12 avril 1926 - Source Gallica


Ici, Jean Lanfranca, né Giovanni, n'est autre qu'un cousin germain de Rosa. Son épouse Rosalie Lanfranca, qui est aussi sa petite cousine (endogamie encore...), est née en Tunisie en 1905 et est décédée à Rognac (Bouches-du-Rhône) en 1991. Leurs deux enfants, eux aussi naturalisés, Sainte, née Santina (1923-2010) et Anne, née Anna (1925-). Le couple a eu d'autres enfants après 1926 : Simon (1928-1993), Innocent et Joseph.

Plus insolite, on apprend aussi qu'un autre Simon Lanfranca, autre petit-cousin de Rosa, était arbitre officiel à la pétanque !


Extrait du Tunisie-France du 10 mai 1949 - Source Gallica



15. Evènements marquants son village dans la presse


Je mets Camporeale de côté comme vu précédemment. En revanche, côté Tunisie, mon arrière-grand-mère a vécu dans le petit village d'Aïn-el-Asker, où mon arrière-grand-père était viticulteur. Pas grand chose à se mettre sous la dent dans la presse ancienne si ce n'est la nomination d'un vicaire comme desservant les paroisses de Pont-du-Fahs (aujourd'hui El Fahs), Aïn-el-Asker et Bir M'Cherga, toutes étant dans le gouvernorat de Zaghouan.


Extrait de la Tunisie Catholique du 5 octobre 1924 - Source Gallica


C'est d'ailleurs à partir de cette date - 1924 - que certains petits-enfants de Rosa, nés à Aïn-el-Asker, ont été baptisés à l'église Notre Dame des champs de Pont-du-Fahs. J'ignore pourquoi il ne l'ont pas été à Aïn-el-Asker. 
 


16. Mon ancêtre Rosa Lanfranca dans le contexte historique


Voici une petite frise comparative des évènements de Rosa versus l'Histoire :






17. Son conjoint


Calogero Perna (parfois écrit La Perna) est issu du même village que Rosa Lanfranca. Il né en 1876, le 18 novembre et baptisé le lendemain en l'église Sant'Antonio di Padova. Il n'a pas encore 20 ans quand il se marie avec Rosa alors qu'elle en a déjà 26.
Je n'ai pas plus de renseignements sur lui que sur son épouse hormis les actes et la transmission familiale mais je lui ai consacré un RDV Ancestral. Il est décédé aux alentours de 1952 selon les
souvenirs de ma mère et pour les mêmes raisons que pour Rosa, je n'ai toujours pas retrouvé son acte de décès à ce jour.



Calogero Perna à la fin de sa vie - capture d'une photo de famille - colorisée par Marina Amaral



18. Comment les familles pouvaient se connaître


Voilà une question à laquelle il m'est difficile de répondre faute de sources exploitables en Sicile. Il faut savoir que Camporeale n'était pas un petit village car selon la page Wikipedia italienne de Camporeale, il y avait pas loin de 5000 habitants en 1881 ! C'était déjà beaucoup trop pour que tout le monde se connaisse à la manière des petits villages. Par ailleurs, bien qu'il y avait une certaine endogamie chez Perna / Lanfranca, cela a débuté à la génération de Rosa et Calogero car je ne leur ai trouvés aucun ancêtre commun sur 5 générations. Ils devaient tout simplement vivre dans le même quartier.



19. Ses enfants


Je lui connais trois enfants dont un mort en bas âge. Il se peut qu'elle en ait eu d'autres mais il est certain que seulement deux ont atteint l'âge adulte : Pietro et Rosa. 

  • Pietro Perna est né à Camporeale en 1897. Il se marie au même lieu en 1920 avec la fille de son oncle Vincenzo Lanfranca, Rosa Lanfranca, née en 1898. Vu le (trop ?) proche cousinage, cela avait créé du remous à l'époque. Le couple a ensuite émigré en Tunisie où sont nés leurs 8 enfants qui ont tous atteint l'âge adulte. Après la fin du protectorat français et la prise de pouvoir de Habib Bourguiba, la famille a quitté la Tunisie en 1960 pour les Pouilles. Ce n'est que 60 ans plus tard que j'ai retrouvé la trace d'une descendante grâce à l'ADN, nos familles étant brouillées depuis lors pour des raisons diverses.


Pietro Perna & Rosa Lanfranca (son épouse, pas sa mère) à droite et sept de leurs huit enfants en Tunisie, années 40 - collection familiale



  • Giuseppe Perna est né aussi à Camporeale en 1899 mais ne vivra malheureusement qu'un an à peine.

  • Rosa Perna, ma grand-mère, est née à Tunis le 8 mai 1909 et a été baptisée le 22 juillet en l'église Notre-Dame du Rosaire (aujourd'hui c'est un centre culturel). Elle se marie le 19 avril 1931 à l'église du Sacré Cœur de M'rira à Fouchana, non loin de Tunis, avec Lorenzo Ferrara, immigré de Sicile depuis 1928. De cette union sont nés trois enfants, dont ma mère en 1945. La famille quitte la Tunisie en 1957 pour la France où elle s'installe dans l'Essonne, à Marolles-en-Hurepoix. Rosa Perna, nous quittera le 24 août 1998 à Arpajon.


Les extraits de BMS de Tunisie peuvent être obtenus auprès de la prélature de Tunis pour la modique somme de 6,10€ (!)





20. Leurs témoins, marraines et parrains


Concernant Pietro Perna, j'ai de la chance. Je dispose de son acte de naissance et de son acte de baptême, tous deux retrouvés sur le site de Familysearch.
  • La naissance a été déclarée le 24 avril 1897 par son père, Calogero, en présence de Antonino Zuppardo, 38 ans, paysan, et de Andrea Modesto, 50 ans, cordonnier. Si le second ne semble n'avoir aucun lien avec la famille, il se peut que le premier soit un cousin éloigné. En effet Pietro avait une AAAGM qui se nomme Michela Zuppardo.
  • L'acte de baptême a quant à lui été rédigé 8 jours plus tard. La marraine était Stefania Ferrara, qui n'a rien à voir avec ma branche Ferrara de San Cipirello. Quant au parrain, il s'agissait de Raimondo Liotta dont le lien avec la famille n'est pas établi à ce jour.

Egalement pour Giuseppe Perna, je dispose des deux actes :
  • La naissance, le 16 septembre 1899, est aussi déclarée par le père en présence de Leonardo Nicosia et Calogero Occhipinti, des voisins paysans (sans doute travailleurs de terre) sans lien établi avec la famille.
  • Le baptême, près de 2 mois plus tard, le 12 novembre, avec pour marraine Damiana La Pietra, qui est sans doute une cousine, la mère de Calogero Perna s'appelant Rosa La Pietra. Le parrain était Paolo Mirabella dont le patronyme m'était inconnu jusque là à Camporeale.

Enfin, je ne dispose que de l'extrait de baptême de ma grand-mère, Rosa Perna (voir point 19). Sa marraine était Antonina Nicosia, née à Tunis en 1888 mais originaire de Monte San Giuliano. Son parrain n'est autre que le mari de cette dernière, Giovanni Caruso natif de Camporeale en 1880. Ce couple s'est marié à Tunis en 1905 et a eu 3 enfants. Il n'y a pas de lien de parenté établi à ce jour.



21. Présence au mariage de ses enfants


Lorsque son fils aîné, Pietro, s'est marié en 1920 à Camporeale, Rosa et son mari Calogero habitaient en Tunisie et n'ont donc pas fait le déplacement pour ce mariage. De plus, comme j'écrivais plus haut, le fait que son fils se soit marié avec la propre nièce de Rosa a causé du remous. L'apaisement n'est venu que suite à l'émigration du nouveau couple en Tunisie.

En revanche, Rosa et Calogero étaient bien présents au mariage de ma grand-mère mais je n'en sais pas plus à ce stade.



22. Son métier


Je n'ai aucun document d'archives où cette information apparaît si ce n'est l'acte de mariage de son fils Pietro où elle est indiquée comme étant casalinga, c'est-à-dire femme au foyer ; mais elle devait très certainement aussi s'occuper de la petite exploitation viticole qu'elle avait avec Calogero Perna à Aïn-el-Asker en Tunisie.



23. Ses différents lieux de vie


Si vous avez lu les points précédents alors vous savez déjà où a vécu mon arrière-grand-mère Rosa Lanfranca. Elle est d'abord restée à Camporeale où elle est née jusqu'aux alentours de 1905 puis a émigré avec sa famille en Tunisie. Elle a d'abord vécu à Tunis, où est née ma grand-mère avant de s'installer dans la campagne de Zaghouan, à Aïn-el-Asker. 
Pourquoi a-t-elle quitté la Sicile ? La raison principale est simple : pour de nombreux Siciliens et du centre et de l'ouest de l'île, les conditions de vie étaient très difficiles tant et si bien que la province a vu le départ de plus 100 000 personnes entre 1905 et 1907.
Quant à son départ de la capitale tunisienne pour le gouvernorat de Zaghouan, les raisons me sont inconnues. J'ai comme hypothèse le fait que pendant le protectorat français de nombreuses communes ont été créées et que leur attractivité a permis à de nombreux immigrants, même italiens, de s'y installer à moindre frais. Mes arrière-grands-parents étaient loin d'être riches, bien au contraire, mais ils ont pu acquérir leur petite propriété viticole à Aïn-el-Asker.



24. Les recensements


A ma connaissance, il n'existe pas de recensement en Tunisie pendant le protectorat français. En Italie, il existe ce qu'on appelle « l'état des âmes » mais il n'y en a pas en ligne concernant les commues de Sicile de ma généalogie.



25. Je cartographie ses évènements



Cliquez pour agrandir



26. Passages chez le notaire


Sans doute est elle passée chez le notaire avec son mari puisqu'ils ont été propriétaires de leur petite exploitation viticole. J'en ignore simplement la date, ainsi que le nom du notaire, s'il était français ou italien... Tout cela s'est passé en Tunisie, donc les archives notariales, ce n'est pas la peine d'y songer. Je n'ai guère retrouvé de documents dans nos archives familiales, par ailleurs.



27. Récompenses ?


Néant.



28. Les objets de son quotidien


Je n'ai évidemment pas retrouvé d'inventaire après décès ou de déclaration de succession me permettant d'imaginer le quotidien de Rosa Lanfranca. Néanmoins, il y a bien un objet qu'elle possédait et qui a traversé les décennies jusqu'à rejoindre le mobilier de la maison de ma mère : sa machine à coudre !



La machine à coudre Singer de Rosa Lanfranca - photo de 2022.

 
Grâce à son numéro de série et au site officiel de Singer, nous avons pu dater cette machine, qui fonctionne toujours, de l'année 1910. Rosa avait donc au moins 40 ans quand elle l'a reçue. Je l'imagine alors rafistoler tous les vêtements de sa famille et pourquoi pas de son voisinage proche. A son décès, c'est ma grand-mère qui l'a récupérée puis emmenée en France par bateau, comme en atteste le certificat de changement de résidence de mes grands-parents que nous avons conservé.



Extrait de l'inventaire joint au certificat de changement de résidence de mes grands-parents établi en 1957 à Saint-Germain, aujourd'hui Ez Zahra (Tunisie) - Archive familiale



Cette machine à coudre a rejoint la maison de ma mère en 1998.



La suite, demain.

vendredi 27 mai 2022

Joseph, mort en pleine rue

Joseph, c'est mon arrière-grand-père, sosa 16 de mes filles. J'en ai déjà parlé dans deux précédents billets : ici et . Ce nouveau billet voit le jour car j'ai enfin pu retracer ses dernières heures avant sa mort subite, en pleine rue, dans le 7e arrondissement de Paris. C'était le 9 mars 1927, vers 15h15, comme attesté dans l'acte de décès ci-dessous :



AD de Joseph Bourdin-Grimaud - 1927 - Paris VIIe - Source AD75


« Le neuf mars mil neuf cent vingt-sept, quinze heure quinze minutes, est décédé en face le N°107 de la rue Saint Dominique Joseph BOURDIN-GRIMAUD, domicilié à Pantin (Seine) 48 avenue Jean Jaurès, né à Pantin, le vingt novembre mil huit cent quatre vingt-un, cocher-livreur, fils de Julien BOURDIN-GRIMAUD et de Jeanne NARD, époux décédés. Epoux de Marie Céline BERNOVILLE.- Dressé le dix mars mil neuf cent vingt-sept, douze heures, sur la déclaration de Maurice PORT, trente-deux ans, employé, domicilié, 122 rue de Grenelle, qui, lecture faite, a signé avec Nous, Jean Marie Raymond Laburthe, adjoint au Marie au septième arrondissement de Paris./.»


Ce que nous apprend l'acte


Cet acte, comme de nombreux actes de décès, outre son état civil, ne nous apprend pas grand chose sur Joseph hormis deux éléments :
  • Il n'est pas décédé en son domicile, ni à l'hôpital mais a priori dehors, en pleine rue.
  • Le décès a été déclaré le lendemain par un employé d'une société de pompes funèbres. L'acte ne le dit pas explicitement mais une recherche sur l'adresse de l'employé a permis de le démontrer. D'ailleurs, il existe toujours une société funéraire à cette adresse de nos jours.

Ce que disait la mémoire familiale


Je n'ai pas connu mon grand-père, fils unique de Joseph, pas plus que mon père n'a connu le sien, donc Joseph, décédé 20 ans plus tôt que sa naissance. Mon père ne savait donc quasiment rien sur son grand-père et son père ne lui en parlait jamais. Nous savions simplement que Joseph était supposément décédé d'une crise cardiaque causée par ses excès. En effet, toujours selon mon père, Joseph était livreur de vin mais devait aussi en consommer au-delà du raisonnable. Soit, tout cela reste des suppositions.


Un service d'archives peu connu


Ce que j'ignorais au début de mes recherches généalogiques (l'acte de décès de Joseph est un des tout premiers que j'ai obtenus en 2004) mais que j'ai découvert fortuitement quelques années plus tard est que les morts subites sur la voie publique devaient faire l'objet d'un signalement au commissariat de police local. Il me fallait donc avoir accès aux archives des mains courantes du commissariat du quartier où est décédé Joseph : celui du Gros Caillou. Pour ce faire, il existe un service d'archives peu connu mais bien utile : les archives de la Préfecture de Police sises au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) qui conservent les archives des commissariats des 80 quartiers de Paris ainsi que de quelques communes de l'ancienne Seine.


Les archives conservées


Outre les mains courantes que l'ont peut retrouver dans la sous-série CB, voici un extrait de ce qu'on peut trouver aux archives de la Préfecture de Police, certaines datant de l'ancien régime :
  • Les registres d'internement ;
  • L'institut médico-légale (morgue) ;
  • Les dossiers de personnel ;
  • Registres d'écrou ;
  • Fichier des étrangers et des personnes surveillées ;
  • Etc.
A noter que ces archives ont aussi subi les mêmes désagréments que celles de Paris, notamment lors de la Commune. Aussi, de nombreuses lacunes sont à déplorer.
La Revue Française en avait fait un article que je vous recommande : ici.


Revenons au cas de Joseph


J'avais prévu de très longue date de me rendre aux archives de la Préfecture de Police mais les aléas de la vie ainsi que la crise sanitaire de la Covid19 sont passés par là mais j'ai enfin pu m'y rendre au mois de mai 2022. J'ai fait chou blanc pour toutes mes recherches sauf pour mon AGP Joseph, ouf ! J'ai trouvé mon bonheur sous la cote CB 28.44 :



Déclaration de « mort subite » de Joseph Bourdin-Grimaud du 10/03/1927


« Déclaration faite par M. Germain Bruandet, 56 ans, charretier, habitant 27 rue des [Sept] Arpents à Pantin. »

« Bruandet dit qu'il est au même service que Bourdin chez M. Vergne fondeur de fer 23 rue de Paris à Pantin. Qu'ils avaient été chargés de conduire une voiture pour faire une livraison à Puteaux et à leur retour ils avaient pris de la fonte rue de Suffren pour la porter à Pantin. Bourdin montant en tête. Bruandet a vu rue Saint Dominique Bourdin s'affaisser sur sa voiture. Transporté à la pharmacie Guichon il a été constaté qu'il était mort. Certificat médical légal de Dr De St Albin concluant à mort due à une syncope cardiaque au cours d'une maladie de foie avec insuffisance rénale. »



Ce que m'apprend ce document


Ce document confirme en partie la mémoire familiale :
  • Joseph est bien décédé d'une crise cardiaque suite à une maladie touchant à la fois son foie et ses reins. Le raccourci est vite fait avec son penchant pour les tonneaux de vin mais :
  • Il n'a pas fait que livrer du vin au cours de sa carrière de cocher-livreur puisque ce jour fatidique il travaillait pour un fondeur de fer.
  • Ses trajets devaient être longs car ce jour-là son itinéraire devait être entre autres : Pantin - Puteaux - Paris VII (avenue de Suffren - Saint-Dominique) - Pantin.

Extrait d'un plan de Paris dressé par L. Guilmin en 1926 - Gallica


  • Grâce à Gallica, j'ai pu retrouver l'adresse de la pharmacie Guichon : au 88 de la rue Saint-Dominique, à l'angle avec la rue Malar. C'est toujours une pharmacie aujourd'hui. Le commissariat du Gros Caillou était lui au numéro 170.



Comparaison avant/après angle rue Saint-Dominique - rue Malar / CPA Delcampe - Google Street View



Conclusion


Je ne peux pas dire que j'ai beaucoup d'ancêtres pour qui j'ai pu retracer les dernières heures de vie. Ici, pour le cas de mon arrière-grand-père Joseph Bourdin-Grimaud, cela aurait été difficile voire impossible s'il était décédé paisiblement chez lui. Egalement, sans les archives de la Préfecture de Police, je ne serais pas arrivé à ce résultat. Il existe bien sûr d'autres archives liées à la police aux archives départementales et communales mais pas les mains courantes. Aussi, je ne saurais trop vous conseiller que de vous rendre à ces archives si vous avez un ancêtre / collatéral parisien décédé dans des circonstances étranges.


mardi 19 avril 2022

Je déteste le 19 avril


Des dates, le généalogiste en cumule, en collectionne, ne les voit même plus. Elles font tellement partie intégrante de l'histoire familiale qu'elles en deviennent banales, des données parmi tant d'autres. Alors, on ne fait même pas attention quand certaines se répètent. Après tout, la probabilité que plusieurs évènements d'un grand arbre surviennent le même jour semble élevée, non ? Mais quid des évènements relativement récents ? Ne sautent-ils pas aux yeux ? Eh bien, moi, je déteste, je hais, j'abhorre le 19 avril. Voici pourquoi : 3 années successives, 1969, 1970 et 1971, 3 années de deuil pour une même famille. Bien que je n'ai pas connu les personnes concernées de leur vivant, je connais suffisamment leur histoire et celle de ceux qui leur ont survécu pour que j'y pense à chaque funeste anniversaire.


Berthe Louise Irma Nique (1888-1969)


Berthe était mon arrière-grand-mère. Elle est née à Remigny (Aisne) en 1888 d'Adolphe (1864-1924) et Irma Polixène Leroy (1864-1920). Elle a une sœur, Désirée Berthe Jeanne, dite Jeannette, née en 1899 à Paris. J'en parlerai plus loin. Berthe se marie en 1913 avec Paul Victor Bousse (1888-1942) dont j'ai déjà parlé sur ce blog. Ce dernier, retenu captif par les Allemands, demandera le divorce à son retour en France en 1920. Ma grand-mère, Gisèle, sera l'unique enfant de cet éphémère mariage et ne connaîtra pas son père. Elle aura en revanche un beau-père Paul Emile Lécluse (1879-1943) dès 1928. La famille ainsi recomposée vivra entre l'Aisne et Paris, au gré des affectations de Paul au chemin de fer. 

Berthe aura une vie relativement longue car elle quitte finalement notre monde le... 19 avril 1969. Je ne connais pas les circonstances exactes de son décès qu'on pourrait imputer à son âge mais parmi les nombreuses lettres que nous avons conservées d'elle et de sa sœur, j'en ai découvert certaines où elle faisait part de son inquiétude quant à une tumeur qu'elle avait sous le bras. Toujours est-il que son décès fut un choc pour sa fille (ma grand-mère), son petit-fils (mon père) qu'elle avait élevé pendant dix ans et sa sœur Jeannette.


Berthe, enfant, adulte et âgée - photos personnelles

Berthe et son second mari reposent au cimetière de Château-Thierry.


Gisèle Victorine Adeline Yvonne Bousse (1914-1970)


Gisèle est donc ma grand-mère, fille de Berthe. Cette grand-mère que j'aurais tant aimé connaître mais qui nous a été enlevée peu de temps avant le mariage de mes parents.

Gisèle est née à Etampes-sur-Marne (Aisne) le 22 septembre 1914. C'est sa grand-mère Irma qui déclare la naissance étant donné que son père est quelque part au front. Elle restera dans cette petite commune toute son enfance avant de déménager à Château-Thierry vers l'adolescence. En 1931, elle démarre sa carrière à la compagnie de chemin de fer qui deviendra plus tard la SNCF. Elle vit alors dans le 10e arrondissement de Paris. Durant la seconde guerre mondiale, elle fait la rencontre, dans la salle d'attente d'une voyante, de mon grand-père, Marcel. Comme ce dernier sera requis du STO à Berlin, il se passera quelques temps avant qu'ils ne se marient, en août 1945. Leur unique enfant, mon père Bernard, naîtra à Aubervilliers en 1947. 

Gisèle fera toute sa carrière à la SNCF jusqu'en 1969, année du décès de sa mère, où elle prend sa retraite après 38 ans de bons et loyaux services. Et le moins qu'on puisse est que ce fut pas 38 ans de tout repos. Elle travaillait dur et sacrifiait quasi tous ses week-ends tant et si bien qu'elle avait dû confier son fils à sa mère. Bon, ce n'était pas uniquement que pour cette raison mais je ne vais pas m'étendre ici. Cette retraite donc bien méritée ne durera malheureusement pas bien longtemps car l'année suivante, elle fut prise de terribles maux de ventre alors qu'elle se réjouissait du mariage à venir de son fils. Admise à la clinique de la Roseraie d'Aubervilliers, elle y fut opérée mais mourut à peine 2 heures après son réveil. Son cancer était bien trop avancé en ce 19 avril 1970... Aujourd'hui, elle repose au cimetière de Longjumeau auprès de son mari, sa belle-mère et mon père.


Photo de Gisèle utilisée pour sa première sépulture au cimetière parisien de Pantin


Théodosie Geneviève Pelletier (1877-1971)


Théodosie Geneviève Pelletier a de multiples liens de parenté avec mon arrière-grand-mère Berthe. C'était en premier lieu sa tante paternelle par alliance : elle était l'épouse du demi-frère (Paul Léon Ernest Carlier) de son père (Adolphe Nique), mais elle était plusieurs fois sa cousine à des degrés divers. Il faut dire qu'elles sont issues du même village où les mariages entre cousins plus ou moins éloignés n'étaient pas rares. 

Théodosie et Paul Carlier (1877-1943) se marient en 1902 à Quessy (Tergnier, Aisne) où naît leur unique fille Paulette (1903-1982). La famille s'installe peu après à Abbeville, dans la Somme. La distance entre les deux familles ne les a pas empêchées de rester très proches à en juger leur correspondance régulière jusque dans les années 50 que mes aïeules ont conservée précieusement.

Malgré cela, je ne connais que peu de choses sur cette famille hormis leur postérité, Paulette ayant eu 4 enfants, dont un est toujours en vie en cette année 2022. Il m'en reste encore bien à découvrir... 

Paul Carlier, qui était mécanicien de route au chemin de fer du Nord, prend sa retraite en 1928 dont il profitera une quinzaine d'années avant d'expirer pour la dernière fois à l'âge de 66 ans en pleine seconde guerre mondiale. C'était en 1943, tout comme Paul Lécluse. Quant à son épouse Théodosie, elle survécut à son mari mais aussi à sa nièce et sa petite nièce puisqu'elle s'en ira à son tour le 19 avril 1971 de « causes naturelles » dans sa 94e année.

La famille Carlier repose aujourd'hui au cimetière de Caubert, commune limitrophe d'Abbeville.


Le tourment de Désirée Berthe « Jeannette » Nique (1899-1979)


Comme indiqué au début de ce billet, Désirée était la sœur de mon arrière-grand-mère Berthe, de 11 ans sa cadette. Elle est née dans le 19e arrondissement de Paris. Il y a bien eu d'autres enfants nés entre les deux sœurs mais ils sont tous morts en bas âge. Berthe et Désirée sont ainsi les seules survivantes de toute la fratrie. 

Désirée s'est mariée deux fois : la première fois en 1921 avec Auguste Bégard (1895-1965) avec qui elle a un fils, Marc (1923-1989). Divorcée en 1928, elle se marie une seconde fois en 1941 avec Roger Denisot (1911-1980) avec qui elle vivra entre Château-Thierry et Argenteuil.

Mais non, la tante Jeannette, comme l'appelait mon père et que mon frère a connue, n'est pas décédée un 19 avril mais cette date l'a pour ainsi dire hantée tout le reste de sa vie, selon les propos rapportés par une de ses petites-filles. Traumatisée par ce syndrome de l'anniversaire, sujet de psychogénéalogie, elle répétait à l'envi qu'elle allait partir le même jour que sa sœur et sa nièce ; mais c'est finalement le 6 août 1979 à Château-Thierry que son livre se referma.



Jeannette Nique et Roger Denisot en 1978 - photo personnelle



L'ironie du sort


Ce trop fameux 19 avril a aussi hanté l'esprit de mon père, disparu il y a 5 ans à seulement 69 ans. Pas seulement cette date en ce qui le concerne mais aussi les causes du décès de sa grand-mère et de sa mère. Il était persuadé qu'il allait lui arriver la même chose et quand il est tombé malade à son tour au cours du printemps 2017, j'ai moi-même pensé à ce fichu 19 avril. Son cancer a finalement été diagnostiqué le 19... Juillet. Pas de quoi devenir superstitieux pour autant mais on (je ?) ne peut pas s'empêcher d'y penser.


Mais l'ironie du sort se trouve aussi du côté de ma mère et je terminerai là-dessus : ses parents se sont mariés le 19 avril 1931. C'était un mariage arrangé, ils ne s'étaient vus qu'une seule fois avant de se passer la bague au doigt. Je ne vais pas m'en plaindre car autrement je ne serais pas là en train de taper ses lignes. Non, le plus cocasse dans tout ça, c'est qu'on a trouvé le moyen de me baptiser le jour de leurs noces d'or, le 19 avril 1981.


mercredi 23 février 2022

Les amies de Givet

Bien le bonjour, Ô vous lectrice ou lecteur qui rôdez encore par ici. Aujourd'hui, je vais vous raconter comment j'ai pu identifier trois amies de ma grand-mère paternelle, Gisèle Bousse (1914-1970) grâce à la recherche par prénom de Geneanet combinée au fichier des décès de l'INSEE.

Dans les vieux papiers de mon aïeule, j'ai en effet découvert tout un tas de cartes de vœux de bonne année ou de Sainte-Catherine reçues par cette dernière en provenance de Givet (Ardennes), commune d'origine de son beau-père Paul Lécluse (1879-1943) qu'elle considérait comme son père, n'ayant pas connu son géniteur.

Parmi ces cartes, trois prénoms se distinguent de par la quantité des envois : Odette, Geneviève et Renée. Toutes les trois se définissent comme étant des amies de Gisèle, c'est pourquoi jamais elles ne signent avec leur nom de famille, c'eût été trop beau. Malgré cela, le puissant moteur de recherche de Geneanet a pu rapidement me mettre sur la voie de leur identification. Voici comment en trois paragraphes.


Odette LENON (1918-2008)

 
(Oui, oui, je divulgue l'identité dans le titre)
 
Commençons d'abord par celle qui m'a été la plus facile à identifier, Odette, dont voici une des cartes envoyées à ma grand-mère :
 
 
 


Cette carte n'est pas datée mais la plupart que j'ai retrouvées datent des années 30. On remarquera sur celle-ci qu'Odette évoque leur amie commune, Renée, qui se marie un 4 septembre. Gardons cette information pour plus tard.
Qui est donc Odette ? Essayons donc la recherche par prénom sur Geneanet. Si on part du principe qu'Odette est une amie de ma grand-mère alors elle doit être du même âge ou alentour. Mettons alors comme fourchette 1910-1920. Nous avons donc trois critères de recherche : prénom Odette, début entre 1910 et 1920 et commune de Givet :


Capture du moteur de recherche de Geneanet


Ensuite je filtre par archives / décès pour n'avoir que les résultats de colgnecminsee c'est à dire l'indexation du fichier des décès de l'INSEE. Bien évidemment cette méthode a ses limites : si les amies de mon aïeules étaient décédées avant 1970, je ne les aurais pas retrouvées aussi facilement. 
Cela me donne donc 8 résultats avec Odette en premier prénom :
 

Mieux vaut cliquer sur l'image sinon on ne voit rien.




Je vous épargne les détails, le bon résultat est le dernier de cette liste - mais oui je les ai tous vérifiés - Odette Olive Marguerite Lenon, née à Givet le 21 octobre 1918 et décédée à Vannes le 20 novembre 2008. Odette s'est mariée avec Clément Jules Georges Debrocq, originaire du Pas-de-Calais, le 31 juillet 1937, toujours à Givet.
Comment puis-je être formellement certain que c'est la bonne personne ? Eh bien son acte de naissance m'a révélé qu'elle est la fille de Marius Lenon et de Jeanne Lécluse, qui n'est autre que la sœur de Paul, le beau-père de Gisèle. Odette est donc la cousine par alliance de mon aïeule !



Geneviève Julie Jeanne MARY (1914-2006)

 
Geneviève a écrit de nombreuses cartes à ma grand-mère où il est souvent question de « trouver un mari » que ce soit pour l'une que pour l'autre. Il faut savoir que mon aïeule s'est mariée tardivement - selon les conventions d'une certaine époque - c'est à dire en 1945, à l'âge de 31 ans alors qu'Odette, citée précédemment, n'avait que 18 ans quand la bague lui fut passée au doigt. Sur la carte ci-dessous, ladite Geneviève s'interroge finalement sur la nécessité de se marier :
 
 

 
« [...] crois-tu que, vraiment, il soit si souhaitable que cela de songer à un mari ? [...] ». On comprend donc qu'en 1937, Geneviève n'est pas mariée.
Pour l'identifier, j'utilise la même méthode que pour Odette :
 
 
 
 
 
Fort heureusement, il n'y a que deux résultats avec Geneviève en premier prénom.  Je me précipite alors sur celle qui est née la même année que ma grand-mère : Geneviève Mary. Son acte de naissance m'apprend alors qu'elle s'est mariée « seulement » en 1949 avec un certain Dante Garbo et qu'elle est décédée à Givet en 2006. Ce mariage tardif en corrélation avec ses doutes évoqués sur sa carte de vœux est certes une maigre preuve d'identité mais je vais vous montrer en fin d'article pourquoi j'en ai la certitude.


Renée Marie Virginie DAMBROISE (1914-1980)

 
Cette troisième amie de ma grand-mère m'a donné un peu plus de fil à retordre que les deux premières : elle n'est pas née à Givet. En effet, la recherche par prénom ne m'a donné aucun résultat probant.
 


Cette obsession de trouver un mari ! (écrit en vertical)


En revanche, la carte d'Odette ci-avant fait mention de son mariage un 4 septembre ! Les archives des Ardennes étant en ligne jusqu'à une date relativement récente, j'ai donc pu rechercher les mariages survenus à Givet dans les années 30 et c'est donc logiquement en 1937 que je découvre le mariage d'une René, un 4 septembre. Pourquoi logiquement ? Car selon la même carte, Odette et Renée devaient se marier la même année :
 


Extrait de l'acte de mariage de Jean Froelich et Renée Dambroise - 04/09/1937 Givet - AD08


Renée Marie Virginie Dambroise est donc née à Longwy (Meurthe-et-Moselle) le 25 mars 1914 de parents originaires de la Meuse. Elle a deux soeurs : Irène, née en 1918 à Sens (Yonne) et Jeanne, née à Givet en 1920. Le décès de Renée est survenu à Mirecourt (Vosges) en 1980.



Conclusion : sont-ce bien elles ?

 
Si l'identité d'Odette ne laisse guère de doute, celle de Geneviève et de Renée pourrait être remise en question. Mais ce serait compter sans l'existence des recensements de population ; celui de Givet de 1936 est en ligne et arrive à point nommé, surtout la page 77 qui enfonce le clou de la certitude dans le bois du doute :
 
 
 
Page 77 du recensement de 1936 de Givet - AD08

 
 
Les familles Dambroise, Mary et Lenon étaient voisines ! Pas étonnant, donc, que leurs filles furent amies. Ceci ajouté au lien d'affinité entre Odette et ma grand-mère et la boucle est bouclée.

 


mercredi 22 décembre 2021

Enquête photo #12 : mais d'où sort ce douanier ?

Voici une photo qui m'a donné beaucoup de fil à retordre. Elle me vient, comme tant d'autres, de ma chère cousine Paulette Coquelet (Paris 1918 - Longjumeau 2002), plus exactement cousine issue de germains de ma grand-mère paternelle, dont j'ai tant et tant parlé sur ce blog. Si cette photo ainsi que toute sa collection est entre mes mains aujourd'hui, c'est parce que Paulette n'a jamais eu d'enfants et qu'elle ne connaissait pas ses neveux. Elle est donc devenue très proche de ma famille et je la considère comme une grand-mère de substitution, ma grand-mère réelle étant décédée prématurément en 1970.

Bref ! Voyons un peu cette photo dont l'enquête a débuté en 2016 !




Cette photo, que je datais d'avant la Grande Guerre ou du tout début, nous montre deux soldats dans des uniformes peu communs de mon avis. N'étant pas expert en uniformes militaires, j'ai d'abord fait appel aux spécialistes en la matière sur le Fil d'Ariane : réponse catégorique pour la personne de gauche, c'est un douanier en raison de la grenade et du cor qui apparaissent sur le collet. En revanche, pas d'idée précise sur la seconde personne. Je décide donc dans un premier temps de me concentrer sur ledit douanier.

Pour l'anecdote, au départ j'ai cru que c'était un soldat d'un régiment de territoriale car j'ai pris le cor et la grenade pour une ancre marine.

L'impasse du douanier

 
Ma chère Paulette est née en 1918 et sa soeur en 1910. Elles n'avaient pas de frère. J'ai donc concentré les recherches sur les oncles, voire grands-oncles mais je me suis vite cassé le nez :
  • leur mère Marie-Jeanne Leroy (Liez 1892 - Paris 1988) avait 3 frères :
    • Arthur Honoré Leroy (1878-1942) a fait partie de plusieurs régiments d'artillerie ;
    • Alfred Athanase Leroy (1883-1959), je l'avais déjà identifié sur d'autres photos ;
    • Jean Gabriel Leroy (1887-1981), a fait partie de plusieurs régiments d'artillerie comme l'aîné.
  • leur père Charles Coquelet (Saint-Quentin 1889 - Paris 1932) avait 2 frères et un beau-frère :
    • Firmin (1889-1933), jumeau, déjà identifié par ailleurs ;
    • Louis Charles (1892-1959), également ;
    • Gabriel Pradillon (1905-1959) : trop jeune et de toute façon exempté du service militaire.
  • leur grand-mère paternelle Marie Catherine Prudence Olivier (Inchy-en-Artois 1864 - Garches 1941) avait 3 frères dont 2 trop âgés mais reste :
    • Alfred Charles Joseph Olivier (1873-1916) : il n'a fait partie que du 120e RI donc ça ne colle pas.
  • Quant aux autres branches, leurs membres étaient soit trop âgés soit déjà identifiés.
 
La plupart des ancêtres et collatéraux des sœurs Coquelet étant de l'Aisne, je me suis tourné vers la base indexée des registres matricule des AD du département, une recherche par profession étant possible. En indiquant douane ou douanier dans le champs idoine, cela me retourne une liste de noms, environ une trentaine de mémoire. Malheureusement, aucun de ces noms n'a apporté de pierre à l'édifice. De plus il faut savoir qu'un douanier à la vie civile ne se retrouve pas forcément dans un régiment de douaniers et inversement...

J'étais donc dans une impasse.
 

Des recherches étendues

 
Plus tard, en élargissant mes recherches, je suis tombé sur un individu qui aurait pu faire l'affaire : Paul Léon Ernest Carlier (Remigny 1877 - Abbeville 1943) : il avait un menton à fossette comme l'homme de la photo et a eu le grade caporal ce qui est corrélé avec les deux galons que l'on peut distinguer. Mais cette piste est vite balayée : Paul Carlier a fait partie d'un régiment du génie avant d'être affecté spécial dans une section de chemin de fer de campagne. Qui plus est, pour moi c'était mon arrière-arrière-grand-oncle mais pour Marie-Jeanne Leroy ce n'était que le demi-frère de son cousin germain par alliance...
 
Ensuite, je suis revenu à Marie-Jeanne Leroy, mère de Paulette. Elle est devenue veuve en 1932 et ne s'est jamais remariée - 56 ans de veuvage - par la suite. J'ai tout de même vérifié les recensements parisiens de 1936 et découvert la présence d'un certain Albert Kromer résidant avec la famille Leroy-Coquelet ! Après recherche, il s'agit d'Alfred Gabriel Joseph Kromer (Givet 1885 - Paris 1937), un veuf ayant deux fils majeurs au moment dudit recensement.  

Cet Alfred dit Albert Kromer, qui n'a donc vécu que 5 ans avec Marie-Jeanne Leroy, aurait-il pu laisser des photos dans le foyer ? C'est évidemment possible mais là encore cette piste semble être mauvaise : après vérification de sa fiche matricule on constate que lui aussi a été un affecté spécial aux sections de chemin de fer de campagne avant et pendant la Grande Guerre. De plus, la description physique ne semble correspondre à aucun des deux soldats de la photo.

Et la photo continua de me hanter jusqu'en 2021...


Une trouvaille inattendue

 
Depuis 2019 et ma rencontre avec Eric Bayle, spécialiste des uniformes militaires, au salon de la généalogie de Paris XV, qui m'a confirmé que les deux gaillards étaient des douaniers, j'avais mis cette enquête de côté.
 
C'est tout récemment, au mois de décembre de 2021, au gré de mes errements généalogiques, que j'ai voulu en savoir d'avantage sur Albert Kromer. J'ai donc utilisé la fonction "correspondances intelligentes" de Geneanet et suis rapidement tombé sur un arbre dont le de cujus n'est autre que l'arrière-petit-fils d'un frère d'Albert Kromer, Eugène. Et que vis-je alors sur la fiche de son sosa 8 ? Cette photo :
 
 
 
Eugène et Edmond Kromer - source : famille Kromer

 
Cette photo a été prise au même endroit ! Et le soldat de gauche correspond tout à fait à celui de droite sur la mienne ! Ni une, ni deux, je prends contact avec la propriétaire de l'arbre qui n'est autre que l'épouse du de cujus. Après plusieurs échanges on en conclut que la personne de droite sur ma photo est bien Eugène Kromer, malheureusement mort pour la France en 1915 tout comme son jeune frère. En revanche, nous avons aucune certitude sur la personne portant l'uniforme de douanier. Notre hypothèse reste malgré-tout centrée sur Albert Kromer malgré la divergence d'uniforme et de signalement (le menton) car les deux photos ont été prises devant la maison des parents des frères Kromer. Concernant l'uniforme, il ne faut pas oublier que les armées ont souffert des pénuries de l'hiver 1914-1915. Par ailleurs, Eugène Kromer, qui était sous-lieutenant au RI 348, ne porte pas non plus un uniforme y correspondant...


Conclusion

 
Malgré ces bizarreries, j'ai pu identifier formellement une des deux personnes ce qui était au départ inespéré. Et finalement, il y a eu deux cadeaux de Noël :
  • Une enquête résolue pour moi ;
  • Une photo supplémentaire pour la famille Kromer : je leur ai envoyé l'originale.

Il me reste à présent un nombre conséquent de photos issues de la collection de Paulette Coquelet qui ne demandent qu'à être identifiées...