samedi 18 janvier 2020

RDV Ancestral : voyage dans l'au-delà, épisode 1

Le choc a été violent tout comme le sont actuellement les insultes que nous nous échangeons avec l'inconnu. Devant son véhicule accidenté, ce dernier me fait face, les yeux emplis de colère. C'est moi qui, pourtant, devrait être dans son état : il a percuté ma voiture. Tandis que nous nous acharnons à nous qualifier de noms d'oiseaux sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute, nos moyens de transports respectifs continuent de fumer, résultat de cet accident qui aurait pu être évité.

Image Pixabay


Soudain, l'inconnu s'arrête de crier. La colère qui avait entièrement gagné son visage cède peu à peu sa place à l'étonnement. Celui-ci m'atteint à mon tour : il y a quelque chose qui cloche. Il fait complètement nuit alors qu'on était en plein jour quand la collision s'est produite ! Devant cette situation incompréhensible, l'inconnu décide de s'enfuir avec sa voiture qui - un miracle ! - roule encore. Je me retrouve alors complètement seul et hébété. Cerise sur le gâteau : je ne vois plus aucune voiture alors que la circulation était dense.

Je retourne alors vers ma Renault pour constater les dégâts mais surtout dans l'espoir qu'elle démarre encore. L'arrière est totalement défoncé mais l'essieu semble intact et les roues ne semblent pas bloquées par l'enfoncement du pare-chocs. Je m'installe donc au volant, malgré le déclenchement de l'airbag, et met le contact. Je constate que la radio fonctionne et que tout semble normal. Enfin pas tout à fait. J'entends un match de football qui est commenté par un journaliste sportif et c'est ce dernier qui pose problème : il s'agit d'Eugène Saccomano. Il est censé être décédé depuis près d'un an ! Bon, je ne m'emballe pas et me dis que cela peut être une rétrospective des meilleurs commentaires du journaliste disparu.

Je décide de reprendre la route vers ma destination initiale, chez ma mère, à Longjumeau. Ce n'est qu'à quelques kilomètres. Sur mon trajet je ne croise absolument aucun véhicule, l'autoroute est déserte et il n'y a pas âme qui vive. Je commence à me poser des questions et le fait de toujours entendre ce cher Eugène à la radio finit par me donner des sueurs froides. Il faut ajouter à cela qu'il n'y a quasi aucune lumière artificielle, je ne suis aidé que par mes phares. Que se passe-t-il ? J'ai eu un accident, il fait subitement nuit, il n'y a personne d'autre que moi et le fuyard quelque part ailleurs et il y a un mort qui parle à la radio. Suis-je encore dans un de ces RDV ancestraux ? Pourtant ces RDV là, je les vis en rêve éveillé d'habitude ! Je vais me pincer pour me réveiller. Non ! Cela ne fonctionne pas.

J'arrive enfin à l'embranchement qui me permet d'accéder à ma commune de destination. J'arrive au feu tricolore et m'engage à droite. Jusque-là, rien d'anormal. Je continue donc sur ma lancée mais cette fois je constate encore qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Quasiment aucune maison n'est éclairée. Le grand laboratoire pharmaceutique implanté depuis des décennies a l'air désaffecté, tout est clos, inaccessible. C'est vraiment de plus en plus bizarre. Je parcours encore quelques rues avant d'arriver dans celle où j'ai vécu durant presque un quart de siècle. Alors que je m'attendais à voir le fameux restaurant marocain à l'entrée de celle-ci, je m'aperçois en fait qu'il est asiatique ! Cela fait pourtant 20 ans que cet établissement a changé de spécialité ! Les autres maisons alentours ont l'air inchangées, ce qui me rassure, mais pas le petit immeuble derrière le restaurant. Il a disparu pour laisser place à la vieille maison qu'on avait démolie il y a bien longtemps. Je ne perds plus de temps, je fonce vers la maison de mes parents.

Arrivé à la hauteur de mon ancienne résidence, je constate avec soulagement que non seulement celle-ci est allumée mais que certaines maisons du voisinage proche le sont également. Ma joie est de courte durée : lesdites maisons n'ont pas l'aspect que je leur connais mais ont l'air plus anciennes. Bon, tant pis. Je me gare, et pour ce faire, j'ai l'embarras du choix, il n'y a quasi aucune voiture hormis celle derrière laquelle je décide de me mettre. Elle a l'air plutôt ancienne. Trop ancienne pour être celle d'un voisin que je connais. C'est avec effroi que je la reconnais finalement. La voiture de Claude, l'ancien voisin d'en face. Ce n'est pas possible, il est décédé il y a dix ans et ne s'en servait déjà plus encore dix ans auparavant. Cela ne s'arrête pas là car la maison habituellement laissée à l'abandon par son fils est actuellement éclairée et de la fumée s'échappe de la cheminée. Pris de panique, je me rue alors vers la maison parentale, prends le soin de sonner avant d'entrer dans le jardin, entends non pas un chien aboyer comme attendu mais plusieurs, et me plante devant la seconde porte d'entrée.

Entrons donc par là...


Quand la porte s'ouvre, je retiens mon souffle avant de m'écrier :

- Maman !
- Est-ce que j'ai l'air d'être ta mère, me réponds alors une silhouette masculine bien familière,
- Papa ? Mais tu, tu, tu es...
- Mort, oui je sais.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ?
- Je pourrais te poser la même question...
- Et bien je venais voir maman...
- A ce que je crois, elle est toujours vivante, tu ne risques pas de la voir ici, donc. Allez entre.

A l'intérieur, je retrouve la maison comme elle était quand mon père est décédé. C'était en 2017, donc elle n'a pas beaucoup évolué depuis, si ce n'est un canapé qui a été remplacé et quelques cadres photos qui ont été rajoutés. Cependant, au lieu de voir la chienne de ma mère, ce sont nos deux anciennes chiennes qui se meuvent dans la cuisine. Il y a Diane, qui nous a quittés en 2001, et Sandy emportée par la maladie en 2012. Elles ont l'air maintenant en pleine forme tout comme mon père qui n'a plus du tout l'apparence qu'il avait durant sa maladie. Tout cela est forcément un rêve mais dont le réalisme me fait blêmir. Et si j'étais... décédé ? Non, idioties, je ne serais pas en cet endroit, figé dans le temps.

- Tu as du mal à y croire, c'est ça ?
- Evidemment ! Tu as l'air plus vrai que nature et je n'ai pas l'impression de rêver.
- Viens, on va prendre un verre.
- Je vois que tu n'as pas perdu les mauvaises habitudes.
- Hey ! Je suis mort, je fais ce que je veux. Il me sert un Pastis. Bon, d'abord comment es-tu arrivé ici ?
- J'ai eu un accident de voiture, un abruti m'est rentré dedans.
- Mais tu n'as pas l'air blessé, finit-il assuré, voulant me faire comprendre quelque chose.

Oh oh j'avais oublié d'en parler de ça. Dans le feu de l'action je ne me suis même pas rendu compte que j'étais totalement indemne ! Voilà qui n'arrange en rien mon état. Je décide tout de même de faire bonne figure.

- Tu peux m'expliquer ce qui se passe ici ? C'est le paradis ? L'enfer ? Un niveau de l'Entre Deux Mondes* ? Et d'abord est-ce qu'il arrive de faire jour de temps en temps ?
- Ah non. Pas depuis que je suis revenu ici. Dis donc, on a le temps d'en parler. T'es pas content de me revoir ?
- Si bien sûr. C'est que tout cela est si étrange, j'ai besoin de réponses.
- Je te les donnerai. Enfin on verra. Un autre verre ? Si tu ne finis pas rond comme une queue de pelle alors on pourra dire que tu es comme moi.
- Comment ça ?
- L'alcool n'a aucun effet ici. Heureusement le plaisir reste le même.
- Ton plaisir, tu veux dire.
- Stop les sarcasmes, veux-tu ?

Je le quitte des yeux un moment et regarde autour de moi puis reviens sur ce vieux canapé sur lequel il passait le plus clair de son temps. Mon père, Bernard, est né à la fin de l'été 1947, le 9 septembre. C'était à Aubervilliers, dans le département de la Seine à l'époque, où vivaient ses parents Marcel et Gisèle. Il n'a pas été élevé par ses derniers. En effet, comme la famille vivait dans un petit studio, son père ne voulait pas de lui et a intimé son épouse de l'envoyer chez sa mère dans l'Aisne, à Château-Thierry. Mon père a donc été pris en charge par sa grand-mère maternelle Berthe jusqu'à ses dix ans. Cela laisse des marques. Et il y en a eu, des marques...


Mon père dans sa jeunesse - archive familiale


 Je le regarde de nouveau dans les yeux et reprends le dialogue :

- Bon, puisque nous voilà réunis de nouveau, on va pouvoir peut-être parler un peu.
- Et de me dire tout ce dont tu as été incapable de me dire de mon vivant ?
- J'espère y arriver, dis-je tremblotant. Mais avant, j'aimerais qu'on puisse faire quelque chose ensemble.
- Quoi donc ?

Je réfléchis longuement à ce que je vais dire puis me lance :

- Est-ce qu'on pourrait aller rencontrer tes parents ?



* Lire « La Tour Sombre » de Stephen King.


samedi 21 décembre 2019

RDV Ancestral : In vino veritas, in aqua sanitas !

Ah ! Siroter un verre de vin sur une terrasse, quel plaisir coupable ! Il faut dire que cet attrait pour ce nectar doit me venir de mes ancêtres agnatiques, père, grand-père et plus anciens encore s'y adonnaient mais pas forcément avec le même plaisir. Addiction pour l'un, nécessité pour d'autres, mon grand-père racontait qu'il buvait jusqu'à 12 litres (!) de vin par jour à son travail à cause de la chaleur qui y régnait - il était tourneur sur métaux. Si la quantité me parait largement exagérée, la cause ne m'étonne guère.

Mais celui auquel je pense le plus est le père de ce dernier, Joseph Bourdin-Grimaud, né en 1881 à Pantin. Il était cocher-livreur. Et que livrait-il ? Et bien du vin en tonneaux pardi ! Tandis que je continue de descendre mon breuvage, je me remémore cette fameuse photo qui s'est transmise de génération en génération :


Café situé à Pantin dans les années 20. A gauche : Joseph Bourdin-Grimaud - archive familiale


Joseph est présent sur cette photographie datant des années 20, le tout premier sur la gauche. Je sais par sa fiche matricule qu'il n'était pas très grand - 1 mètre 55 - ce que la photo confirme au regard des autres protagonistes. Je me demande alors, mais comment un homme de ce gabarit pouvait décharger des tonneaux de vin aussi lourds ? Mon père, qui ne l'a pas connu car décédé 20 ans avant sa naissance, me racontait qu'il les faisait tenir sur son ventre proéminent. OK, une fois vides, je veux bien mais pleins, non, je ne vais pas croire à cette légende familiale !

- Dites donc mon gaillard, vous n'douteriez pas de moi, des fois ?

Subitement sortie de mes pensées, je lève mon nez de mon verre et l'aperçois en face de moi : Joseph ! Le petit homme rondouillard de la photo se présente bel et bien devant moi avec un demi-sourire asssuré.

- Non, mais je veux dire, balbutié-je alors, c'est que d'après mes recherches les tonneaux parisiens pouvaient contenir 773 litres, les barriques 402 litres, les feuillettes 133 litres... La plus petite contenance que j'ai trouvée est le quartaut, qui à Paris, était de 67 litres tout de même !

- Ah les quartauts, pour moi c'est facile ! Moi je transporte surtout des feuillettes ! Pour les plus grandes contenances, il faut s'y mettre à plusieurs. A moins d'en consommer un peu sur place, finit-il avec un rire à gorge déployée.

Quand j'y pense, je me dis que certains cochers ne devaient pas seulement se contenter de livrer... Mon AGP qui était si mince plus jeune a dû s'y adonner pendant ses heures de travail et j'imagine malheureusement pendant la Grande Guerre mais je m'égare, ceci est un autre sujet.

Je reviens donc à lui mais je constate qu'il s'apprête à partir.

- Comment, vous me laissez déjà ?

- Ben oui, c'est que j'ai du travail, moi ! Une tournée m'attend mon gars.

Nous retrouvons chacun notre occupation, lui à livrer son vin et moi à le boire.


CPA de Paris La Villette - transport de vin en tonneaux

vendredi 6 décembre 2019

Enquête photo #8 : Le demi-deuil joyeux ?

Me revoilà dans une nouvelle enquête photo !

Et pour celle-ci, je ne vais pas vous parler de lui :


Demi-deuil ou Melanargia galathea - image libre de droits

Mais plutôt d'eux :


Une mère et son fils ? - Archive familiale

Deuil ou demi-deuil ?


De prime abord je pensais que la jeune femme portait une tenue de deuil mais plusieurs personnes sur Twitter (notamment Marie @briqueloup, Marie-Luce @MLCLauer et Sophie @gazetteancetres, merci à elles) m'ont fait les justes remarques que :
  • Le col blanc indique que la personne n'est plus en grand deuil;
  • Le petit garçon ne porte pas de brassard noir qui signifie un deuil récent;
  • Leur visage a l'air serein avec un demi-sourire perceptible ce qui est inhabituel pour l'époque.
On peut donc exclure un deuil récent. Alors pourquoi pas un demi-deuil ?

Qu'est ce donc qu'un demi-deuil à part un joli papillon noir et blanc ? Voici ce que dit le wiktionnaire : « Deuil moins sévère que celui qui marque le grand deuil, que l’on était admis à porter après la période de grand deuil ou lorsque le défunt était un parent éloigné. »

Comme ici il s'agit d'une femme on pense tout de suite au veuvage mais elle pouvait très bien porter le deuil pour un parent, un beau-parent, un enfant, un cousin, etc. ce qui rend l'enquête plus difficile encore.

Provenance de la photo et datation


Ici, ce n'est guère compliqué. Cette photo me provient, comme tant d'autres analysées dans mes enquêtes photos, de ma cousine éloignée Paulette Coquelet mais plus précisément de ses parents : Charles Coquelet (Saint-Quentin 1889 - Paris 1932) et Marie Jeanne Leroy (Liez 1892 - Paris 1988), la cousine germaine de mon AGM. Je connais évidemment le visage de toutes ces personnes. Ce n'est donc pas l'un ou l'une d'eux sur cette photo.
Pour la datation : c'est une photo au format carte postale (rien au dos, comme d'habitude !), format apparu durant la première guerre mondiale et qui a perduré jusque dans les années 30. Il a connu son apogée plutôt autour des années 20.

Recherche généalogique


Fort des informations précédentes, je me dois tout de même de réaliser un petit arbre généalogique du couple précédent, m'obligeant ainsi à travailler même sur des personnes collatérales à mes collatéraux. Qui a dit que la recherche généalogique se bornait aux ancêtres ?

Il me faut donc travailler branche par branche pour savoir s'il y a eu des deuils dans la famille proche ou éloignée du couple Coquelet x Leroy.

* Sur les arbres qui vont suivre, je barre les femmes dont je connais le visage et encadre les personnes décédées entre la 1GM et les années 20.

Branche Coquelet




Branche Olivier (mère de Charles Coquelet)




Branche Leroy



Branche Leclère



Les décès et le deuil


Voilà donc ce qu'on retrouve comme décès dans la période qui nous intéresse :
  • Firmin Émile Coquelet, décédé en 1916 à Paris, père de Charles;
Qui pouvait porter le noir suite à son décès ?
    • Sa veuve Marie Catherine Olivier mais trop âgée pour être sur la photo.
    • Sa fille Marie Julia mais trop jeune. De plus je connais son visage et je sais qu'elle n'a pas eu d'enfant.
    • Sa bru Julie Peugnet. Ce n'est pas elle non plus car je l'ai identifiée sur d'autres photos. Son cas est d'ailleurs intéressant, je reviendrai sur elle. 
    • Son autre bru Georgette Dessailly. Impossible car elle a eu son premier enfant en 1923.
    • Sa dernière bru, Marie-Jeanne Leroy. Comme dit plus haut, ce n'est pas elle car je connais son visage.
  • Julie Peugnet, décédée en 1922 à Paris, bru du précédent;
Qui pouvait porter le noir suite à son décès ? Je ne vois personne d'autre que celles déjà citées. Il faudrait regarder du côté de la famille Peugnet.
  • Claire Georgette Coquelet, décédée en 1923 à Paris, nièce de Charles;
Sa mère pouvait avoir porté une tenue de deuil par la suite. Il s'agit de Georgette Dessailly déjà évoquée. Ce n'est donc pas elle sur la photo.
  • Euranie Joseph Olivier, décédé en 1912 à Saint-Quentin, oncle de Charles Coquelet;
Il était célibataire, sans enfant et loin du cercle familial parisien.
  • Alfred Charles Joseph Olivier, décédé en 1916 à Paris, oncle de Charles Coquelet;
Il était marié depuis 1900 avec Julie Julia Plet, née en 1876. Problème : je ne leur connais pas d'enfant ce qui ne signifie pas qu'ils n'en ont point eu. Elle s'est remarié en 1918 à Paris mais a divorcé six ans plus tard, à Saint-Quentin. En 1920, elle avait 44 ans, peut-être donc trop âgée pour être celle de la photo.
  • Marie Eugénie Célina Leclère, décédée en 1915 à Remigny, mère de Marie Jeanne Leroy;
Comme déjà évoqué : ce n'est pas Marie Jeanne Leroy sur la photo.
  • Des enfants mort-nés en 1904 et 1905 de Arthur Honoré Leroy, frère de Marie Jeanne, et de Henriette Rosa Baudouin.
Voilà un cas qui est intéressant mais revenons un instant sur Julie Peugnet dont voici la photo ci-dessous avec sa première fille Yvonne, née en 1912 :


Julie Peugnet et sa fille Yvonne Coquelet - archive familiale

Julie portait exactement le même type de vêtement que la femme de mon enquête. Cette photo date de la première guerre, sa fille étant née en 1912. Je ne sais pas si ses parents étaient encore en vie à cette époque (ils sont déclarés comme décédés au décès de Julie) mais Julie était veuve d'un premier époux depuis 1905. Elle s'est remariée avec Firmin Coquelet en 1909. Elle a également perdu un petit garçon avant de se remarier. Par conséquent tout prête à croire qu'elle porte le noir depuis un certain nombre d'années, d'autant plus que son beau-père est décédé en 1916.

Maintenant, revenons à Henriette Rosa Baudouin : la pauvre a vécu deux drames consécutifs, deux enfants morts-nés en 1904 puis 1905. Sa mère est également décédée en 1904. Heureusement, elle aura un fils, Alfred Ernest Leroy, en 1908. En considérant que, comme Julie Peugnet, Henriette Baudouin ait porté le demi-deuil un certain nombre d'années, pourrait-ce être elle et son fils Alfred sur la photo ?

Hypothèses sans conclusion


Aujourd'hui je ne vois que deux femmes pouvant être celle sur la photo et encore, avec une probabilité faible :
  • Julie Plet veuve Olivier depuis 1916, tante maternelle par alliance de Charles Coquelet. Mais il y a trois problèmes :
    • Elle est née en 1876, donc elle a déjà 40 ans en 1916;
    • Je ne lui connais pas d'enfant. Je pourrais bien sûr chercher encore un peu (Saint-Quentin ou Paris) mais il y a autant d'Olivier dans l’État Civil qu'il y en a dans les oliveraies du Sud-Est...
    • Les sourires...
  • Henriette Baudouin, épouse Arthur Honoré Leroy, belle-sœur de Marie-Jeanne Leroy. Elle est plus jeune que Julie Plet car née en 1883. Le problème est que son unique fils est né en 1908. Alors, à moins que la photo n'ait été prise plus tôt que je ne le pense (pas avant 1915 en tout cas), ce ne pourrait être lui sur la photo en raison de son âge (@PellePioche pense qu'il a six ou sept ans).
Rien ne me permet donc de conclure avec certitude. Comme l'ont écrit Jennifer (@Jenni_Indo) et Jean-François (@aieuxsurleplat) lors du ChallengeAZ 2019, je vais pratiquer la zététique et me permettre encore de douter... La vérité est peut-être ailleurs.


dimanche 1 décembre 2019

Challenge AZ 2019 : épilogue

Et bien...

Le Challenge AZ est terminé depuis hier !

Mais, mais !

Je ne voulais pas me servir du Z pour publier un épilogue donc voici mon article post challenge AZ, sous forme de synthèse de mes patronymes rares en vidéo !

J'en profite pour remercier une fois de plus toutes celles et ceux qui ont lu, commenté, aimé et mis en avant mes différents articles !

Voici la vidéo sur YT et ci-dessous :



samedi 30 novembre 2019

Les patronymes rares de ma généalogie : Z comme ZAPPARDO

Bonjour fidèle lectrice, fidèle lecteur !


Pour ma première participation au Challenge AZ lancé par Sophie Boudarel (La Gazette des Ancêtres) en 2013 (voir ici), je me lance dans un thème a priori simple : les patronymes rares parmi les ancêtres de mes filles.

Je m'impose deux règles (que je m'autorise quand même à transgresser) :


  • Il faut que ce soit des ancêtres directs et non des collatéraux,
  • Moins de 100 naissances recensées en France sur la période 1966-1990 (selon INSEE/Geopatronyme).


Continuons avec la lettre !


Patronyme : ZAPPARDO
Nombre de naissances sur la période (1966-1990) : 0 en France
Département le plus fréquent sur cette période : N/A
Nombre de naissances au XIXè siècle : 0 en France. On trouve 402 résultats sur Geneanet, principalement dans la province d'Agrigente, en Sicile. Actuellement on n'en trouve que 5 dans les pages blanches italiennes.


Carte des régions de Sicile - Source Dreamstime - Libre de droits


Origine/Etymologie : Le mot italien s'approchant  le plus de ce patronyme est le verbe zappare qui signifie biner. On peut donc supposer que le patronyme Zappardo était porté à l'origine par des laboureurs.


Plus ancien (également plus récent) ancêtre de mon arbre : Il s'agit de Michela Zappardo, sosa 361 de mes filles, mariée avec Paolo La Pietra. Leur fils Giuseppe s'est marié à Camporeale (Sicile) en 1809 avec Rosa Garacci. Pas d'autres informations à l'heure actuelle, les sources d'archives disponibles en ligne étant rares.


Descendance de Michela Zappardo jusque Rosa La Pietra, premier ancêtre sicilien dont le visage est connu - arbre Geneanet



Et voilà, je termine par un patronyme qui n'est pas français mais tout de même présent dans ma généalogie ! De plus, il est tout aussi rare en Italie. Par conséquent, mes règles sont respectées pour cette dernière lettre de l'alphabet.



A demain pour ... C'est fini !

vendredi 29 novembre 2019

Les patronymes rares de ma généalogie : Y'a pas grand chose qui commence par Y !

Bonjour fidèle lectrice, fidèle lecteur !


Pour ma première participation au Challenge AZ lancé par Sophie Boudarel (La Gazette des Ancêtres) en 2013 (voir ici), je me lance dans un thème a priori simple : les patronymes rares parmi les ancêtres de mes filles.

Je m'impose deux règles (que je m'autorise quand même à transgresser) :


  • Il faut que ce soit des ancêtres directs et non des collatéraux,
  • Moins de 100 naissances recensées en France sur la période 1966-1990 (selon INSEE/Geopatronyme).


Continuons avec la lettre Y !

Et bien... Y'a pas grand chose qui commence par Y dans nos ancêtres, rien de rien même. Que faire alors pour pouvoir faire un article avec la lettre du jour ?

Et si on regardait les patronymes qui finissent par un Y ? Alors là il y en a pléthore, mais des rares ?

Regardons, regardons !


  • Ancessy : 7 naissances en 1966 et 1990
  • Aubry : 7796
  • Audouy : 270
  • Colzy : 46
  • Crepey : 55
  • Daisay : déjà fait, voir lettre D !
  • Feray : 407
  • Fleury : 8034
  • Foby : 7
  • Gally : 344
  • Guy : 3396
  • Héluy : 6
  • Jalvy : 6
  • Leroy : 23441
  • de Marly : 208
  • Marty : 6512
  • Méry : 1217
  • Millery : 40
  • Mouly : 784
  • Remy : 6718
  • Rinuy : 11
  • Tronquoy : 100


Les patronymes Héluy et Jalvy arrivent ex aequo avec seulement six naissances entre 1966 et 1990 ! Pour les départager, regardons les naissances au XIXè siècle (selon Filae) :


  • Héluy : 154
  • Jalvy : 116

Voilà notre vainqueur ! Reprenons donc depuis le début !

Patronyme : JALVY
Nombre de naissances sur la période (1966-1990) : 6
Département le plus fréquent : Gironde
Nombre de naissances au XIXè siècle (Filae) : 116 (doublons compris)


Origine/Étymologie :  Après des recherches infructueuses dans Geneanet, Filae et Gallica (je n'ai pas non plus cherché des heures sur ce dernier), j'ai eu recours une nouvelle fois à mon beau-père : « Jalvy comme Jardy pourraient représenter des noms de domaines gallo-romains, ayant abouti à des noms de lieu qui plus tard ont donné des noms de famille ; dans ce cas, on aurait la formation classique : nom d'homme latin + suffixe -acum qui aboutit à Y dans l'Île-de-France (Orly, Jarcy) : il faudrait alors supposer un Gart-iacum pour Jardy et une formation analogue pour Jalvy : le problème, c'est que l'on n'a pas de formes anciennes pour décider. Si on trouve des noms en Y hors du nord de la France, ils peuvent s'expliquer de deux façons générales : nom de lieu devenu nom de personne et déplacement de la personne hors de la région en Y ; ou bien des noms italiens affublés d'un Y purement graphique pour les franciser (Valéry).»
Tout ça ne fait pas vraiment mes affaires ! Toutefois si je reviens sur l'écriture du nom dans les actes, on le retrouve écrit ialvy car le i majuscule notait à la fois I et J. Donc si on cherche du côté de l'origine étrangère, on ne trouve rien à Ialvi en Italie mais quelques traces en Espagne ! Quand on sait que la présence espagnole dans l'Hérault - où se trouvent mes Jalvy - est importante, on a envie de dresser hâtivement une conclusion. Pour l'anecdote, une entreprise espagnole, non loin de Bilbao, porte ce nom.
D'après les statistiques de Geneanet, on retrouve une très forte concentration de Jalvy dans l'Hérault, notamment au pays de Caux.


Répartition géographique des Jalvy selon Geneanet entre 1600 et 1900



Plus ancien ancêtre de mon arbre : Il s'agit de deux frères dont le prénom du père m'est inconnu. Antoine (sosa 27928-G15) et Bernard (sosa 28280-G15) qui ont été consuls de Caux (Hérault). Je ne connais pas encore le nom de l'épouse d'Antoine mais je connais la descendance de ce dernier. Bernard était quant à lui l'époux de Claire André.

Plus récent : La plus récente est Claire (sosa 3491-G12), descendante d'Antoine, car décédée 30 ans après Marguerite (sosa 3535-G12), la descendante de Bernard. Claire s'est liée avec Jean Molinier et ont eu Catherine qui s'est liée avec Pierre Cavalier. La descendance s'est ensuite établie à Nizas, dont j'ai déjà parlé, tout comme la descendance de Marguerite qui a épousé François Séverac.

Cela nous donne donc un implexe assez grand :

Liens entre les Jalvy et Madeleine Valette, AAGM de mes filles - Arbre Geneanet

A demain pour la lettre Z !

mercredi 27 novembre 2019

Les patronymes rares de ma généalogie : X comme X et compagnie

Bonjour fidèle lectrice, fidèle lecteur !


Pour ma première participation au Challenge AZ lancé par Sophie Boudarel (La Gazette des Ancêtres) en 2013 (voir ici), je me lance dans un thème a priori simple : les patronymes rares parmi les ancêtres de mes filles.

Je m'impose deux règles (que je m'autorise quand même à transgresser) :


  • Il faut que ce soit des ancêtres directs et non des collatéraux,
  • Moins de 100 naissances recensées en France sur la période 1966-1990 (selon INSEE/Geopatronyme).


Continuons avec la lettre !


Patronyme : X
Nombre de naissances sur la période (1966-1990) : 36
Département le plus fréquent sur cette période : Paris
Nombre de naissances au XIXè siècle (Filae) : N/A


Origine/Etymologie : X est-il un patronyme ou l'absence de patronyme ? J'ai en tout cas été surpris d'en trouver autant sur le site de Geopatronyme.



Plus ancien ancêtre de mon arbre : Aucun


Plus récent : Aucun


C'est une grosse entorse à ma règle mais comme je n'ai aucun patronyme commençant par X dans mon arbre, il fallait bien que je trouve quelque chose. Les patronymes avec une seule lettre existent bien, nous en avons même au gouvernement, mais leur origine est rarement française.

Concernant X, je n'ai pas fait de recherches approfondies mais je suppose qu'il s'agit pour certains d'entre eux de descendants de personnes nées sans patronyme, voire nées sous X. J'ai un cas comme ça dans mon arbre : il s'agit d'une collatérale* : Marguerite Victorine, déposée à l'Hospice de Béziers par sa mère en 1826. Cette dernière, Marguerite Cavalier, ne l'a finalement reconnue qu'à l'âge de 20 ans, quelques jours avant son premier mariage ! Pour autant, Marguerite Victorine n'a jamais porté le nom de sa mère. Fait étrange : sur son acte de décès elle est toujours dite de mère inconnue !



Acte de reconnaisse de Marguerite Victorine par sa mère à Nizas en 1846 - AD34
5 MI 18/15, page 16

* C'est plus compliqué que ça : mes filles descendent de son second mari, Antoine François Valette, mais descendent également d'une de ses cousines. En fait Antoine François Valette était cousin germain avec sa première épouse Madeleine Cavalier qui elle-même était « cousine utérine » avec Marguerite Victorine. Voir résumé ci-dessous :


Calcul de parenté entre Marguerite Victorine X et son second époux Antoine François Valette - Geneanet




Une autre raison de penser que le nom X a été transmis : dans ma généalogie sicilienne, les actes que j'ai retrouvés sont généralement écrits en latin (église catholique). J'y ai deux ancêtres nés de parents inconnus. En latin cela s'écrit ex ignotis. Devinez ce que j'ai retrouvé dans les pages jaunes ?


Capture du site des Pages Jaunes


Mes ancêtres siciliens, en revanche, se sont vu attribuer un vrai patronyme.


Extrait de l'acte de mariage d'Emmanuele ex ignotis nommé Parrino, sosa 42 de mes filles - Source FamilySearch


Il y a 4 naissances entre 1966 et 1990 d'EX IGNOTIS mais que dire des INCONNU ? On en trouve encore 21 ! Ils sont moins nombreux que les ORPHELIN (24) et encore moins que les TROUVÉ (1667) !



A demain pour la lettre Y!